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La vidange du moteur sur un bateau… en 7 étapes !

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Vidanger un moteur ? L’idée ne m’était jamais venue, mes camarades masculins prenant souvent cette responsabilité. Et puis un jour l’occasion s’est présentée : j’ai fait la vidange moteur du vénérable Symphonie de notre club de voile, avec un ami professeur de mécanique donc expert en la matière. Comme ce n’est pas évident, je partage avec vous la procédure en 7 étapes (hors entretiens périphériques, comme le filtre à eau de mer ou l’inverseur… déjà évoqués dans un autre article que vous trouverez ici).

Accès au moteur du voilier

Plus un moteur tourne, mieux il se porte. Dans le cadre d’un usage courant « moyen » (à savoir quelques semaines par an) la vidange doit être effectuée une fois par an, si possible AVANT l’hivernage. En grande croisière, un examen à mi-année est recommandé.

Avant tout, au moment de rejoindre votre bateau, pensez au matériel nécessaire : des gants en caoutchouc, une tenue qui ne craint rien, un bidon vide et un récipient quelconque, une pompe électrique ou manuelle, un sac poubelle, un bidon d’huile adaptée à votre moteur (voir le mode d’emploi de votre moteur), une clé à filtre à huile à sangle, un nouveau filtre à huile, un nouveau filtre à gasoil (si besoin), des chiffons…et du sopalin !

1 – Faites tourner le moteur (environ 10 mn)

La première chose à faire est de démarrer le moteur selon la procédure habituelle et de le faire tourner 10 minutes sans monter dans les tours. Le but est que l’huile se liquéfie avec la chaleur, ce qui rendra la vidange plus efficace (le but est d’éliminer un maximum d’huile usagée). Puis arrêtez e moteur.

2- Vérifiez le niveau d’huile restant :

Trouvez la jauge d’huile, gentiment signalée par un bouchon de couleur, le plus souvent (voir flèche 1 sur le schéma ci-dessou). Extrayez la jauge en la gardant la plus droite possible : la trappe de côté du coffre moteur facilite cette manipulation, une sortie de face pouvant être délicate selon la place disponible haut dessus du moteur….

Nettoyez la jauge avec un chiffon sur toute sa longueur et retrempez-la dans l’huile. Ressortez là et vérifiez : les deux encoches du bas signalent respectivement le niveau minimum et le niveau maximum préconisés (voir schéma). Le niveau d’huile doit se situer entre les deux : ni trop bas, ni trop haut. Certes, vous allez faire la vidange mais il est intéressant de savoir d’où vous partez et s’il faudra ajouter plus ou moins d’huile que celle que vous allez ôter.

3 – Vidangez le moteur

Hormis les gros moteurs de yachts sous lesquels il y a de la place, les moteurs de bateaux ne se vidangent pas par gravité comme sur les voitures. Il faut donc aspirer l’huile avec une pompe électrique (à brancher sur les cosses d’une des batteries) ou manuelle. Sur certains modèles de moteur la pompe est intégrée.
 

Placez une extrémité du tuyau le plus profondément possible dans le tube de la jauge et l’autre dans un bidon ou récipient qui collectera l’huile. Mettez en route la pompe. Il peut falloir quelques dizaines de minutes pour que l’huile sorte. Attendez que l’huile ne coule plus (dans les tuyaux de la pompe on voit l’huile circuler). Quand c’est fini, remballez la pompe, évaluez la quantité d’huile vidangée et mettez de côté le bidon (que vous irez vider dans une zone réservée aux huiles de vidange).
 
Attention : l’huile chaude et les surfaces chaudes peuvent occasionner des brûlures !
 

4 – Changez le filtre à gazoil (faisable pendant la vidange)

Le filtre à gasoil se situe près du moteur, en amont de la pompe à injection (qu’il protège des impuretés). Pour le changer, fermez le robinet d’arrivée de gasoil qui se situe en général sur le réservoir. Et munissez-vous d’un récipient pour collecter le gasoil qui risque de couler.

Démontez le vieux filtre à gasoil, nettoyez la cuve du filtre, changez pour un neuf ou nettoyez le vieux filtre (cela dépend de votre moteur). Remontez l’ensemble. Ouvrez le robinet d’arrivée de gasoil puis réamorcez et purgez avec la vis de purge qui se trouve sur le support du filtre. Surtout ne tentez pas de démarrer sans avoir purgé !

5 – Changez le filtre à huile

Une fois la vidange finie, il faut encore changer le filtre à huile. Il se trouve à proximité de la jauge, il est cylindrique. Placez dessous le moteur un sac poubelle, afin d’éviter trop d’écoulements dans le fonds du coffre moteur. Dévissez le filtre avec la clé à sangle (ou à la main si vous y arrivez). Récupérez-le délicatement et mettez-le de côté avec le bidon d’huile usagée et le récipient contenant du gasoil (il devra être lui aussi recyclé).

Lubrifiez le joint du nouveau filtre à huile, au doigt, avec un peu d’huile que vous prendrez dans le bidon neuf. Vérifiez que la surface de contact sur le moteur soit propre. Présentez et vissez le filtre à l’huile à la main sans forcer. Quand il est bien en place, faites un demi-tour supplémentaire, pas plus (avec la clé à sangle si besoin).

6 – Faites la mise à niveau :

Voici le temps de faire la remise à niveau, en passant par le cache-soupapes (bouchon rond sur le dessus du moteur). Ouvrez ce dernier et versez lentement la quantité d’huile que vous estimez avoir vidangée. Refermez le bouchon et essuyez les éventuelles traces d’huile sur le moteur. Vérifiez qu’il n’existe aucune fuite autour du filtre à huile.

NB : au passage vérifiez aussi le niveau de liquide de refroidissement et faites la mise à niveau si besoin.

7 – Validez la mise à niveau de l’huile :

Démarrez le moteur et faites tourner au ralenti quelques minutes pour que l’huile remplisse le filtre à huile. Vérifiez que le témoin d’avertissement de basse pression s’éteint. Coupez le moteur.

Procédez au contrôle de niveau avec la jauge comme à l’étape 2. Si le niveau est trop bas, ajoutez très délicatement un peu d’huile (étape 5) et s’il est trop haut c’est que vous avez été trop généreux. Refaites tournez un peu le moteur au cas où le nouveau filtre ne se serait pas bien imprégné. Si le trop plein se confirme, pas de chance, il faut enlever un peu d’huile en suivant la procédure de vidange (étape 4). Puis revérifiez avec la jauge que tout est OK.

Ultime précaution : vérifiez que la jauge soit toujours bien remise en place et non le bouchon de travers, au risque d’avoir des fuites quand le moteur tournera !

J’espère que ces conseils vous permettront d’être plus à l’aise le jour où vous aurez à vous pencher sur la vidange d’un moteur de bateau. Mais cela ne remplacera pas le suivi scrupuleux des consignes du mode d’emploi.

Crédits photos : image du site Accastillage Diffusion et schémas techniques de moteur Volvo

Comment financer votre voyage ?

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Si vous n’êtes pas crésus et que vous croyez comme nous que les rêves sont faits pour être réalisés, il peut être utile d’étudier des stratégies de long terme pour financer vos voyages. Voici un ensemble de conseils pour vous préparer des rentes récurrentes, qui pourront vous aider à voyager loin… et longtemps.

Il n’y a pas de miracle. Tous les voyageurs au long cours, faisant le tour du monde en 3, 5 ou 10 ans et plus, doivent subvenir à leurs besoins. Le paradis n’est malheureusement pas gratuit même si l’on peut pêcher, mouiller loin des marinas etc. Nous avons croisé quelques vagabonds des mers qui tiraient le diable par la queue, et beaucoup de plaisanciers qui surveillaient leur budget. Ce n’est pas un drame en soi, sauf quand c’est rédhibitoire pour continuer. A l’heure de faire la transat retour ou de revendre son bateau, rares sont ceux qui se réjouissent de revenir au bercail.

Malgré que nous nous y soyons préparé et que nous ayons évité la déprime, force est de constater qu’au bout de quelques mois en France, nos cogitations se sont tournées vers un seul but : comment faire pour (re)partir ?

Le premier paramètre est bien sûr d’estimer de combien d’argent on va avoir besoin pour réaliser son rêve, selon le type de bateau, le nombre de personnes à nourrir, le parcours prévu (on vit pour moins cher en Asie qu’en Polynésie !)… et la durée du voyage. Il existe de nombreux articles de magazines – type Voiles et Voiliers – qui parlent des budgets. J’ai aussi décrit précisément le budget annuel de notre tour de l’atlantique à deux sur un bateau de moins de 9 m (voir ici).

J’avais également publié avant de partir un article sur les moyens de faire des économies pour financer le départ (voir ici). Et aussi, dans le cadre d’une année sabbatique, une description des vertus du report de crédit pour garder sa maison sans payer les traites, en passant si besoin par un rachat de crédit (voir ici). Mais on était loin de financer plusieurs années de navigation.

J’ai donc pris mon ordinateur et exploré pas mal de solutions pour gagner de l’argent tout en ayant encore une activité professionnelle de 8 h minimum par jour

  • J’ai envisagé le trading et le poker en ligne, qui peuvent rapporter gros mais nécessitent des compétences importantes et une forte réactivité. L’avantage c’est qu’il n’y a pas d’horaires et que l’on peut poursuivre l’activité, si ça marche, pendant de nombreuses années.
  • De même le webmarketing, la production de contenus etc sont des activités complémentaires qui peuvent rapporter de l’argent avant et pendant le voyage. C’est une voie que j’explore avec ce blog, qui m’apporte aussi beaucoup de satisfaction personnelle.
  • La revente d’une entreprise ou de locaux voire leur transmission en gardant des billes est un bon moyen de s’assurer une rente régulière. Encore faut-il avoir anticipé et orienté sa vie en conséquence.
  • L’immobilier bien entendu est une piste que nous avons envisagée et c’est celle que nous concrétisons actuellement.

Cela peut sembler paradoxal d’investir dans l’immobilier alors que l’on cherche à se créer une cagnotte. C’est vrai il faut parfois prendre le risque de miser pour gagner. Mais pas en faisant n’importe quoi ! J’ai passé 6 mois à chercher à comprendre quels étaient les bons régimes, les contraintes fiscales, les conditions de réussite. Et près d’un an à chercher un bien qui réponde à mes critères à savoir :

  • surtout pas du PINEL ou autre régime de défiscalisation dépendant de l’état car les prix sont gonflés et les conditions pénalisantes. Ce sont les promoteurs qui y gagnent, rarement les acheteurs ! Surfez sur le web vous trouverez des infos qui confirment ce point de vue.
  • acheter un immeuble pour ne pas subir les charges de copropriété et rester maître du jeu et des dépenses à faire. Accessoirement ne pas avoir à courir à gauche à droite pour l’entretien ou la gestion des locataires.
  • trouver un bien qui nécessite beaucoup de travaux pour faire jouer les amortissements en régime LMNP (loueur meublé non professionnel), ce qui peut purement et simplement annuler les impôts sur les revenus de la location.
  • dénicher le bon compromis : un immeuble ayant un emplacement idéal (proximité de points d’intérêt ou écoles, hopital etc) et pouvant être divisé en lots cohérents de T1 ou T2. Il est plus rentable de louer 2 appartements de 30 m2 qu’un appartement de 60 m2 !
  • dénicher aussi et surtout une rentabilité attractive en fonction du prix au m2 de l’endroit convoité (le prix en soi ne dit pas tout). Ne vous déplacez même pas pour un bien en dessous de 10% de rentabilité brute mais vous pouvez vous précipiter si vous flirtez avec les 13 ou 14 % bruts et que le bien a l’air propre. Cela paraît énorme mais la rentabilité brute peut être vite amputée par divers aléas (artisans, mauvaises surprises, reports de délais etc).
  • négocier le prix avec le propriétaire en faisant jouer tous les arguments usuels (vente rapide, dossier clair et rassurant, etc).
  • obtenir un financement à 100 % y compris frais de notaires par une banque, prévoir un surplus pour les coûts d’aménagement en meublé selon les règles décrites par l’administration (liste des équipements en meublé obligatoires à voir sur le net).
  • Après beaucoup de coups de fil, de sueur, de labeur (si vous mettez la main à la pâte) et un peu d’angoisse, vous pourrez déléguer à une agence la gestion des locataires, à un comptable la gestion des loyers et des charges… et larguer les amarres.
  • Vos loyers rembourseront le crédit et les charges, et vous dégagerez du cash flow qui alimentera la caisse de bord sans plus d’effort (ou très peu en tout cas).

Et vous qu’en pensez-vous ?
Comment prévoyez-vous de financer votre voyage ?


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Comment obtenir une année sabbatique ?

Vous voulez changer de cadre, voire de vie, pendant quelques mois ou années ? Si vous décidiez de partir en année sabbatique ? Naviguer au long cours n’est pas réservé aux retraités et tycoons. Un conseil : si vous êtes salarié, plutôt que de démissionner, négociez une année sabbatique ou une disponibilité : c’est une bonne solution pour partir sereins !

Pas la peine de mettre son avenir en péril pour une parenthèse qui sera d’autant plus idyllique que vous ne vous prendrez pas la tête ! Le législateur a pensé à tout, pour vous permettre de « prendre du champ » sans vous faire limoger…

  • Les règles de base du congé sabbatique :

Le congé sabbatique officiel est régi par le droit du travail :

  • il est possible pour toute personne en CDI ayant au moins 36 mois d’ancienneté
  • il est de 11 mois maximum (mais on peut aussi demander 3 ou 6 mois)
  • la demande doit être faite au moins trois mois avant la date de départ souhaitée
  • l’entreprise doit répondre sous 30 jours : si elle ne le fait pas, l’accord est acquis
  • l’entreprise peut demander un report du départ si cela pose problème pour l’activité, mais ne peut refuser une seconde demande (l’année d’après)
  • le contrat de travail est suspendu
  • au retour le salarié bénéficie d’un poste équivalent avec une rémunération équivalente (Nb : équivalent ne veut pas dire strictement identique)
  • le délai avant de pouvoir prendre un nouveau congé sabbatique est de 6 ans
  • Le cas particulier de la disponibilité :

Dans certaines grandes entreprises et administrations, on peut en alternative au congé sabbatique prendre une disponibilité (équivalent d’un congé sans solde). Les termes qui régissent ce statut sont souvent proches du congé sabbatique, mais il faut voir avec le responsable RH quelles sont les spécificités de la mise en disponibilité dans votre entreprise, car cela dépend en partie des conventions collectives.

La mise en disponibilité est souvent plus avantageuse. Par exemple et à titre indicatif, en ce qui me concerne dans une grande mutuelle d’assurance, les conditions étaient les suivantes :

  • avoir un an d’ancienneté (et non 3 !) pour demander une disponibilité
  • une durée de 6, 9 ou 12 mois renouvelables jusqu’à 2 ans, donc 24 mois maxi 
  • une demande à formuler au moins 3 mois avant le départ MAIS qui peut être refusée sans recours.
  • le renouvellement ou la reprise du travail doivent être demandés 3 mois avant la date initiale prévue de retour (par lettre recommandée avec AR)
  • le contrat de travail est suspendu comme en congé sabbatique
  • au retour le salarié bénéficie d’un poste équivalent avec une rémunération équivalente ET sur le même site que celui sur lequel il était (emploi antérieur ou le plus proche en terme de salaire)
  • le délai avant de pouvoir prendre une nouvelle dispo est de deux ans
  • Un « contrat suspendu » ça signifie quoi ?

La suspension du contrat induit :

  • l’arrêté des comptes donc le solde de tous les congés (RTT et CET compris)
  • pas de salaire ni de primes sur l’année prise
  • suspension du calcul de l’ancienneté
  • un an de sécurité sociale (vérifiez si ce peut être plus auprès de la sécurité sociale, car cela dépend du nombre d’année travaillées).
  • pas de cotisations retraite
  • la perte des bénéfices corollaires liés à l’entreprise (CE, tickets restaurants etc) 

Attention : pendant l’année d’absence suivant l’année de travail, vous pouvez éventuellement toucher des rémunérations variables, mais au retour pendant un an vous n’en toucherez aucune du fait de votre non-contribution (dans le même temps, vous paierez moins d’impôts puisque vous n’aurez pas travaillé…).

  • Comment je gère mes congés restants ?

Il est probable que vous n’ayez pas pris tous vos congés avant de partir. Les congés dûs vous seront payés à la clôture du compte liée à la suspension du contrat de travail, sauf si vous disposez d’un Compte Epargne Temps sur lequel vous préférez placer ces jours.

C’est plutôt une bonne option d’épargner des jours de congés pour le retour car franchement ce n’est pas facile de passer d’une totale liberté à des semaines et des semaines de travail sans vacances, dans l’année qui suit le voyage. Là aussi renseignez-vous auprès de votre responsable RH pour savoir si vous pouvez en mettre de côté autant que vous voulez ou si vous devez calculer en fonction des règles de report, limites imposées etc. Quand le CET est contraignant, il peut être judicieux d’anticiper et de stocker quelques jours tous les ans, deux ou trois ans avant le départ…

Attention, pour les RTT : ces jours de compensation sont généralement acquis au fur et à mesure de l’année. S’ils sont non consommés sur l’année ils sont perdus ; seuls les congés sont reportés ou placés sur le CET. Il faut regarder combien de jours de RTT seront disponibles au moment du départ… et les consommer si vous ne voulez pas les perdre.

Enfin, pour connaître les modalités de retour, la procédure à suivre auprès de la RH et les droits dont vous disposerez en termes de complémentaire santé, toutes choses qui dépendent des conventions et règles de votre entreprise, renseignez-vous auprès de votre manager, patron ou référent RH.

Si vous avez des questions sur ce sujet fort sympathique, n’hésitez pas à les poser ci-dessous car le congé sabbatique est un des laisser-passer pour l’aventure !

Crédits photos : fboy

Coups de soleil : 10 astuces pour vous soulager !

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La dernière fois que vous avez attrapé un coup de soleil, aviez-vous de quoi vous soigner sous la main ? On est souvent bien démunis dans ce genre de situation ! Voici 10 astuces pour soulager la douleur et réparer votre peau, naturellement et à peu de frais…

éviter le coup de soleil

Certes tout le monde sait que le soleil est dangereux, mais il peut arriver malgré toutes les précautions usuelles que notre peau vire au cramoisi, surtout si nous sommes sur l’eau ou tout près, à la plage. J’en parle en connaissance de cause, avec ma peau de rousse !

  • Mieux vaut prévenir que guérir

Pour rappel, en prévention, cherchez à connaître l’indice de protection le mieux adapté à votre type de peau et aux lieux que vous allez fréquenter (pour moi, sur l’eau, c’est indice 50 obligatoire,… et je bronze !).

Par ailleurs, évitez de vous exposer aux heures les plus chaudes où le soleil est au zénith (entre 12 et 16h00), protégez-vous le crâne et les yeux, essuyez-vous quand vous êtes mouillé(e)… Même loin de la plage, protégez vous avec des vêtements en coton léger (tee-shirt, short, chapeau, lunettes, etc.). Et bien sûr n’oubliez pas de bien vous hydrater toute la journée en buvant au moins 1,5 l d’eau.

Si malgré tout vous rentrez toute(e) rouge et sentez le coup de soleil « monter » (il lui faut 8 à 24 heures pour s’exprimer), tentez les soins suivants, en alternative à la Biafine (certes efficace mais nocive à long terme pour la peau).

  • Apaiser la sensation de « feu »

Le plus efficace est sans doute le cataplasme à la pomme de terre : il faut la râper et la mélanger à du jus de citron et une cuillère à soupe d’huile d’olive vierge. Vous appliquez une couche épaisse de ce mélange sur la partie du corps brûlée. Vous laissez poser une heure jusqu’à ce que l’amidon soit sec puis vous rincez à l’eau. L’effet est garanti. Si besoin, renouvelez l’opération toutes les 12 heures, le temps nécessaire pour ne plus avoir mal.

Faute de pomme de terre, vous avez peut-être du citron vert sous la main ? Bon certes, c’est un sacrifice… mais une serviette ou un linge propre passé(e) sous l’eau et imprégné(e) de jus de citron vert aura un effet très calmant sur la douleur, tout en régénérant la peau. Des compresses imprégnées de vinaigre blanc, de jus de concombre frais ou même des tranches de tomates vous soulageront aussi.

  • Atténuer une brûlure légère

Quand la brûlure est avérée on passe au niveau supérieur de gravité, et donc on change de méthode. Mélangez dans un bain, à doses égales, un bol de bicarbonate de soude et un bol de maïzena. Plongez-vous y pendant 20 mn et appréciez le résultat !

Si vous n’avez pas de baignoire sous la main, le yaourt ou le fromage blanc pourront aussi faire des miracles. Appliquez-en une bonne couche (comme si c’était une crème) et laissez poser 15 à 20 mn avant de rincer à l’eau froide. C’est frais, c’est hydratant et sans effet secondaire.

Si la peau n’est pas à vif, vous pouvez aussi la tamponner avec un linge imprégné de vinaigre de cidre pur.

  • Soigner une brûlure grave

Pour vous débarrasser des cloques d’une brûlure grave, la technique du jaune d’oeuf est vraiment la plus simple, car il est facile d’en trouver dans un bateau comme à la maison. Il suffit de séparer puis battre le jaune et de passer cette mixture, au doigt, sur la zone atteinte. Laissez sécher pendant une à deux heures puis nettoyez à l’eau tiède. Recommencez si besoin, à raison de 3 fois par jour. Attention, n’essayez pas de percer les cloques, cela compliquerait la guérison !

Si vous avez pris un coup de soleil sur les paupières, beaucoup des soins préconisés ci-dessus risquent d’irriter vos yeux et aggraver vos douleurs. Heureusement une solution existe : vous pourrez apaiser vos souffrances en posant des sachets de thé vert infusés puis refroidis sous l’eau sur vos yeux. Apaisement garanti !

Bon à savoir : ces remèdes naturels ne sont valables que pour les brûlures modérées. Bien entendu en cas de coup de soleil important, de cloques ou de fièvre, rien ne vaut un avis médical !

  • Jusqu’à la guérison totale

Pour réparer la peau le gel d’aloe véra est très efficace en massages doux ou en cataplasmes, trois fois par jour jusqu’à la guérison. L’aloe vera est en effet hydratant, adoucissant et anti-inflammatoire, ce qui accélère la cicatrisation. Personnellement j’utilise depuis des années, avec beaucoup de succès, la crème bio de chez Planter’s.

Le miel liquide a des vertus complémentaires et bienfaisantes : il est cicatrisant et antiseptique. Il suffit d’en appliquer directement sur les zones brûlées et de couvrir le tout d’une compresse. Laissez agir 15 à 20 minutes, puis rincez à l’eau froide.

Les huiles essentielles sont aussi très efficaces pour cicatriser. Pour un petit coup de soleil, 2 à 3 gouttes d’huile essentielle de lavande aspic pure 4 à 5 fois dans la journée feront l’affaire. Pour un gros coup de soleil, imbibez une compresse du mélange suivant : 10 ml d’HE de camomille, 10 ml de menthe poivrée, 10 ml de lavande et 10 ml de rose. Laissez poser la compresse et renouvelez jusqu’à la guérison.

Avec ces astuces, j’espère que vous bronzerez en toute quiétude !

Partagez vos propres recettes ou anecdotes sur les coups de soleil !

Santé en voyage : des solutions existent, profitez-en !

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J’ai déjà évoqué les précautions à prendre avant de partir, afin de ne pas perdre des jours et des jours, et souvent une pelletée d’euros, à visiter les hôpitaux. Je vous invite à lire cet article ici et celui-là pour vous remémorer ces bases. Dans cet article-ci nous abordons la question de la prévention passive, et des dispositifs mis à disposition pour assurer votre sécurité.

Comment s’entraîner à fermer une plaie avec une agrafeuse chirurgicale ! Et accessoirement à piquer une fesse…
  • Vos anges gardiens au bout du monde : le CROSS et le CCMM

Les Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (Cross) – et notamment le Cross Etel pour l’international – peuvent-être appelés de tous les coins de la terre pour coordonner l’intervention des secours et venir vous chercher alors que vous coulez ou que vous êtes réfugié dans votre radeau de survie.

Notez bien que la mission du Cross n’est pas de récupérer votre bateau mais de sauver votre vie et celle de vos équipiers. Quand le sauvetage est simple bien entendu vos anges-gardiens prennent en charge le bateau et son équipage, mais en principe aucune vie ne doit être mise en danger pour sauver du matériel. Qu’on se le dise !

Il y a quand même des plaisanciers assez malhonnêtes pour attaquer la SNSM ou le capitaine du cargo qui les a recueillis, au prétexte que la coque de leur bateau a eu une égratignure ou que le bateau a été drossé sur les rochers !

Pour alerter le CROSS, depuis n’importe quel coin du monde, vous devez appeler sur le canal 16 de votre VHF. J’ai déjà décrit dans un précédent article les modalités d’appel, en cas d’urgence : voyez l’article ici.

Moins connu et moins sollicité, le Centre de Consultation Médicale et Maritime (CCMM) est installé à Toulouse dans les locaux du SAMU, depuis 1983. Il assure un service de consultation et d’assistance télémédicales pour tous les navires en mer, marchands ou de plaisance.

Que ce soit pour un accident, un malaise ou une maladie, vous pouvez consulter le CCMM soit par VHF sur le 16 en passant par l’intermédiaire du CROSS, soit appeler par téléphone satellite au +33 5 34 39 33 33 . Vous trouverez un interlocuteur 24h/24 et 7j/7 à votre écoute. Parfois les plateaux sont saturés, mais en renouvelant l’appel, on arrive toujours à joindre un médecin – cela m’est arrivé lors d’une crise de dengue entre Petit Rameau et Petit Bateau, aux Tobago Cays…. Notez que quand vous êtes aux Antilles par exemple, avec 6 heures de décalage avec la France, il ne faut pas vous étonner d’avoir du mal à joindre le médecin de garde qui est seul la nuit et peut déjà être en ligne avec un autre malade !

Une fois en contact avec un médecin, vous êtes pris en charge : sachez que sa priorité est de diagnostiquer le problème par téléphone, puis de trouver dans la pharmacie du bord, avec vous, de quoi soigner le patient et garder la personne à bord du bateau de préférence. C’est ce qui se passe dans 80% des cas. Si le diagnostic est grave, le CCMM transmet l’avis médical au CROSS, lequel détermine alors le meilleur moyen de rejoindre ou ramener le patient à terre (SNSM, marine nationale, moyens nautiques, aériens, privés ou publics … etc).

  • La division 240 et la « dotation obligatoire » en pharmacie

La plaisance est réglementée et si les contraintes se sont allégées ces dernières années, rendant au skipper une grande part de ses responsabilités, quelques consignes restent strictes. C’est le cas des pharmacies de bord, dont le contenu est décrit très précisément dans la division 240. Attention celle-ci a été modifiée en 2019 ! Validez que vous êtes encore dans les clous… et profitez-en pour vérifier les dates de péremption de vos médicaments !

L’enjeu est relativement faible quand on navigue à moins de 60 milles d’une côte (quoi qu’on puisse se blesser gravement à quelques encablures) mais au-delà de 60 milles il faut raisonner comme si on était en autonomie pure. La liste de médicaments et matériel de chirurgie et soins préconisée par le ministère est importante, coûteuse (comptez plus ou moins 600 euros), mais n’est pas un luxe. Cette liste est notamment accessible sur le site du CCMM.

A bord de Moana nous avons converti en pharmacies deux gros seaux de peinture (bien rincés !). Nous avons même poussé le vice jusqu’à faire une petite pharmacie de secours pour le bidon qui va dans le BIB en cas d’abandon du navire.

L’un des seaux contient tous les médicaments, étiquettés selon leur typologie et rangés par thèmes (l’étiquetage est important car dans l’urgence quelle galère de chercher le générique de tel ou tel médicament !). L’autre seau contient le matériel de pansage, suturage, attelles, incision, prise de tension etc. Nous avons en supplément un kit de réparation dentaire, qui ne nous a pas servi mais peut être fort utile en zone isolée. J’ai croisé lors d’un stage un marin au long cours qui s’est fait hélitreuiller pour une infection étendue, issue d’une infection dentaire !

Cette pharmacie obligatoire est réglementaire, mais pas forcément réaliste. Si les plus gros « coups durs » sont envisagés, les quantités prescrites pour les « petits bobos » de tous les jours sont largement insuffisantes… Alors bien sûr prévoyez en plus : des pansements, du désinfectant, des compresses, de l’anti-moustique, de la crème solaire, du doliprane, de l’imodium etc.

  • Prenez rdv chez votre médecin pour tout caler

Pour obtenir tous les médicaments de la division 240 en pharmacie il vous faudra une ordonnance de votre médecin, correspondant à la dotation. Comme la liste est longue n’hésitez pas à la préparer et l’imprimer, il n’aura plus qu’à apposer son tampon. Le notre avait refusé de tout réécrire et il avait fallu lui délivrer la liste imprimée…

Ne partez pas trop vite du cabinet médical : si vous prenez un traitement à vie délivré boîte par boite (par exemple le levotyrox vendu mois par mois) faites faire par le médecin, un mois avant de partir, une demande de dérogation auprès de la Sécurité Sociale pour obtenir vos doses pour toute la durée du voyage (sur place il peut être extrêmement difficile de trouver un médicament rare). Parfois la Sécu émet des conditions ou donne moins que demandé, mais vous avez a minima quelques boîtes de médicaments qui vous laissent le temps de vous réapprovisionner à l’occasion d’une escale.

Enfin, profitez de l’occasion pour faire une « révision générale » avec votre médecin. Quel que soit le diagnostic, prenez également un rdv avant de partir avec le dentiste, la gynéco, ou l’ophtalmo… etc. Sur place il est toujours plus difficile de trouver un praticien et d’avoir un rdv.

  • Ce qui dépend de vous : anticiper !

J’aime rappeler le bon mot de Nicolas Vannier : « l’aventure commence quand tout est préparé ». De fait, je vous assure que vous ne pouvez pas imaginer les conditions que vous allez rencontrer à l’autre bout du monde. Non pas qu’elles soient dantesques, loin de là c’est plutôt le paradis, mais les infrastructures n’ont souvent rien à voir avec notre quotidien européen… et vous serez vite démunis.

Aussi utilisez tous les moyens disponibles en France pour être tranquilles au bout du monde :

  • Faites-vous faire une carte européenne de sécurité sociale, pour être remboursés par la sécurité sociale dans les pays européens et les DOM TOM.
  • Appropriez-vous la pharmacie du bord, en la préparant : ce n’est pas une boîte que l’on jette dans un coin, mais un enjeu de survie. Lisez les modes d’emploi, regardez des vidéos de la mise en œuvre des agrafeuses pour plaies (par exemple), étudiez le mode d’administration de l’adrénaline en cas de crise cardiaque, etc. Si comme nous vous avez un copain médecin, profitez d’un apéro pour vous faire expliquer les choses les plus complexes (attelles etc). La division 240 donne une liste, le pharmacien donne du matériel… mais personne ne donne le mode d’emploi !
  • C’est pourquoi beaucoup de candidats au long cours souhaitent faire des stages médicaux pour les situations d’urgence : franchement c’est utile, voire indispensable. Il existe des formations plus ou moins professionnelles, plus ou moins longues, plus ou moins poussées et surtout plus ou moins chères. A vous de vous faire une religion mais sachez qu’un stage de 2 jours est un minimum. Personnellement j’avais fait un stage MACIF dans ce format, avec un médecin urgentiste, mais c’était trop court car on a eu certes beaucoup de théorie mais très peu de pratique ou simulations (Heimlich, massages cardiaques etc)
  • Enfin, appelez le CCMM pour activer votre « suivi médical » : plutôt que d’attendre d’être à l’agonie en zone isolée, le CCMM propose de collecter toutes vos infos médicales utiles et votre trajet prévisionnel, pour intervenir plus efficacement s’il y a lieu. Sur la base de leur formulaire, listez vos caractéristiques physiques, maladies, opérations, traitement à vie etc et ce pour chaque équipier du bord. Précisez si vous êtes le chef de bord ou équipier, la personne à contacter, le nom du bateau, son indicatif MMSI etc etc. Vous l’envoyez au CCMM et vous êtes fichés (en toute confidentialité) : sur cette base le docteur identifie votre profil en 5 mn !
  • J’ai extrapolé l’usage de ces fiches au risque d’hospitalisation « en terre inconnue » : sur la base de ces fiches, très bien faites, j’ai fait des traductions en anglais et espagnol pour que mon skipper préféré – qui n’est pas polyglotte – puisse transmettre nos données médicales à l’hôpital en cas d’accident et d’état inconscient !
  • Enfin, voici une petite astuce pour réagir vite. Disposez autour de la VHF des étiquettes autocollantes faites avec une Dymo, où tout un chacun trouvera les informations d’urgence : le numéro d’appel du Cross Etel, du CCMM, le numéro MMSI du bateau, la procédure d’appel sur le téléphone satellite, la procédure de déclenchement de MOB, la procédure d’alerte ASN en cas de danger imminent (avarie, attaque de pirate, etc). En partageant l’information, n’importe quel équipier sera capable d’agir vite et bien

Et vous, quelles sont vos astuces pour bien vous préparer à la médecine familiale en zone isolée ?

Pourquoi louer avant de partir ?

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Le choix d’un bateau pour partir en grande croisière est souvent complexe. Faire quelques locations pour essayer permet d’éviter bien des erreurs ! De la location à la co-navigation de type Voguavecmoi, en passant par l’offre polyvalente de ClickandBoat, voici comment sélectionner votre futur compagnon de voyage…

Pourquoi louer aide à décider ?

Des mois avant le grand départ, la question du choix d’un bateau correspondant au programme de navigation se pose. Comparer les avantages et inconvénients sur le papier est nécessaire, mais pas suffisant. Hormis si l’on possède déjà sa monture, il n’est pas raisonnable d’envisager le même type de bateau pour naviguer dans les glaces que pour parcourir la Méditerranée ! En parlant autour de soi, en lisant livres et revues spécialisées, des options se dessinent, mais comment être sûrs ?

Si vous pouvez toujours compter sur les copains pour vanter les mérites de leur bateau et sur les professionnels pour vous assurer qu’il vous vendent le navire le plus confortable et le plus performant, rien de tout cela n’est très probant. Même si vous partez un we sur le bateau de l’un ou faites un essai avec un bateau de chantier. Vous ne serez pas dans les conditions réelles – naviguer à la côte n’est pas pareil qu’en haute mer – et surtout vous n’aurez pas le temps de mesurer la qualités et défauts qui fatiguent, qui agacent voire qui rendent le voyage compliqué.

Par exemple si vous naviguez sur un bateau dernier cri, de 30 et quelques pieds, où le chantier a privilégié l’espace et la hauteur sous barrots aux capacités de rangement, vous vous trouverez bien dépourvus au moment d’embarquer l’avitaillement et le matériel nécessaires à de long mois de navigation !

Louez plusieurs fois pendant les vacances, un ou deux ans avant le départ, dans les types de zones où vous comptez naviguer (en Méditerranée, ou dans les îles de l’atlantique, aux Antilles voire en Polynésie etc). Cela vous permettra de mesurer très exactement – et selon vos critères et ceux de votre famille – les avantages et inconvénients de tel ou tel bateau. L’expérience acquise vous permettra de vous faire une religion, pour arbitrer au mieux.

Comment louer ?

Rien de plus simple me direz-vous, il existe pléthore de loueurs sur internet ou qui tiennent boutiques dans les ports et marinas… Il suffit de sortir sa carte bleue ! C’est vrai, mais pas seulement. Il existe en fait plusieurs alternatives.

Les loueurs exploitent des bateaux de grands chantiers – sur lesquels ils ont des conditions de financement et de renouvellement incroyables -, très souvent choisis pour leur facilité d’entretien, leur confort intérieur, leur simplicité de manoeuvre… etc. De sécurité et donc de carène, de confort à la mer, de manoeuvrabilité, de capacité de stockage, il n’est guère question. De même, vous ne trouverez pas dans leurs catalogues de bateaux issus des « petits chantiers », pourtant souvent plus affûtés, plus sûrs et mieux conçus. Les Pogo et RM commencent à apparaître ici où là dans les flottes de loueurs, à la demande de la clientèle, mais c’est assez rare.

Par contre vous pourrez par le biais de la location « classique » tester les diverses caractéristiques des bateaux : le monocoque vs le catamaran, l’aluminium vs le plastique, le petit tirant d’eau vs le grand tirant d’eau etc. Ce sont des critères importants de choix, pour un grand voyage. Autre avantage : vous pouvez louer avec ou sans skipper, et si vous choisissez « sans » vous serez vraiment « en situation ».

Pour ouvrir les perspectives et avoir une vision plus large des variantes de bateaux, la co-navigation est une bonne alternative (cf notamment Vogavecmoi) Contrairement à ce qu’on pense souvent, elle ne se limite pas à des sorties de « découverte » en we ! Des candidats au départ vous proposent d’embarquer pour un « bout de route » sur leur parcours, d’autres vous invitent à partager leurs escales au bout du monde pour renflouer la caisse de bord…

Les possibilités sont multiples pour cumuler de l’expérience et surtout découvrir des bateaux parfois méconnus (ex : les catamarans Lerouge), ou anciens (ex : les Sunshine ou Sun Fizz) ou atypiques (ex : les catamarans Wharram) ! C’est aussi l’occasion de prendre la main en douceur aux côtés d’un marin qui partage le même projet que vous – sauf que lui a déjà sauté le pas ! Malheureusement, vous n’aurez surement pas assez de vacances pour tester toutes les alternatives.

Si vous voulez avoir une vision large des choix qui se présentent à vous et opter pour le meilleur des mondes, orientez vous vers ClickandBoat. Ce site Internet propose de la location entre particuliers ou via des pros. Les modalités de la location sont classiques, avec ou sans skipper, mais avec des tarifs souvent avantageux. Louez à la cabine un bateau de grande croisière ou skippez-le aux quatre coins du monde. Quelle meilleure manière de se préparer à l’aventure ?

Si vous connaissez d’autres moyens d’essayer des bateaux pour trouver la perle rare, partagez avec notre communauté !

Crédits photos : fboy, fx Ricardou, site ClickandBoat

Budget d’une année sabbatique en Atlantique : on vous dit tout !

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Chose promise, chose due, voici un bilan financier qui vous permettra d’évaluer les dépenses à prévoir en grande croisière. Comme vous allez le voir, les postes de dépense ne sont pas forcément ceux que l’on prévoit au départ et l’arc antillais est plutôt coûteux. D’autres destinations (Asie, Amérique du Sud…) sont probablement moins onéreuses !

En préambule, il faut préciser que je n’évoque ci-dessous que les dépenses de voyage, une fois partis. Pour avoir un budget global il faut ajouter le coût de préparation du bateau, qui est très variable selon les choix de chacun (bateau neuf, occasion, mono, cata, prêt à partir, à rénover, niveau d’équipement électronique etc…). Dans notre cas, comme nous avons construit Moana, nous avions certes déjà quelques équipements mais avons consacré environ 6000 € à le préparer pour la grande croisière (capote, taud, électronique, balises, perche IOR etc voir la liste des équipements ici). Normalement avec un bateau d’occasion ou un bateau déjà équipé et rôdé, votre budget de préparation devrait être inférieur.

  • On ne divise pas son train de vie par trois :

Bien entendu, vous commencez à nous connaître, nous ne sommes pas partis à l’aveuglette. Après avoir parcouru le web de long en large pour avoir quelques idées sur le budget à prévoir, les conclusions n’étaient pas claires, du fait des très nombreuses variables à prendre en compte : destinations, durée du voyage, arbitrages entre navigation et séjours à terre, dont arbitrage entre mouillage et marina, niveau de vie usuel, etc Beaucoup de facteurs jouent sur le budget.

En prenant un modèle proche du notre, à savoir le voyage en couple, nous avons discerné trois profils : le premier, très modeste, correspond à un budget autour de 1000 euros, le second autour de 1500-2000 euros et le troisième autour de 3000 ou plus. Les 2ème et 3ème configurations sont les plus courantes, parce que la vie en bateau n’est pas vraiment économique, surtout dans les régions où nous sommes une manne pour l’économie locale (et bizarrement, il y en a beaucoup en Atlantique !).

De toute façon, posséder un bateau va souvent de pair avec un certain niveau de vie, pas forcément riche c’est sûr, mais pas dans les minima sociaux non plus ! Alors c’est un peu illusoire de croire que par magie, parce qu’on vit en short et tongs sous le soleil, on va drastiquement diminuer son train de vie : on dépense moins d’un certain côté mais plus de l’autre, et quand il y a un problème technique à régler, il faut bien y faire face.

C’est d’ailleurs d’avantage le cas pour les croisières courtes (1 à 2 ans), où on ne peut pas traîner pendant des semaines dans une marina en attendant une solution « pas chère ». Souvent plus le voyage est long, plus le budget moyen diminue, du fait des relations qu’on se fait et des petites « combines » que l’on trouve avec le temps.

Un autre facteur non négligeable est que les marinas pratiquent des tarifs mensuels très avantageux, qui font baisser le coût journalier souvent de plus de 50 %, au port comme sur corps mort ! Dans certains archipels comme les Açores, la même politique tarifaire est pratiquée partout, encourageant le tourisme vs le nomadisme opportuniste !

  • Le budget initial, une bonne base pour discuter :

La vertu de définir un budget avant le départ, c’est de réfléchir ensemble aux priorités et de discuter des compromis que chacun est prêt à faire : 80% de mouillages et 20% de marinas ou l’inverse, ou 50/50 ? Lessive à bord ou en machine ? Quel nombre moyen de restaurants par mois ? etc…

Voici le budget que nous avions prévu initialement : 1600 euros par mois pour deux, extensibles à 1760 euros en tenant compte de la marge de 10% que j’applique toujours à mes budgets, qu’ils soient professionnels ou personnels et qui s’avère souvent utile ! Ce qui faisait 1760 euros. Dans les faits, notre budget a explosé de 22 %…

  • Le détail de nos frais réels :

Mon calcul est simple : combien avions-nous sur le compte au départ et combien avons-nous à l’arrivée, sachant que nous n’avons pas travaillé et donc pas gagné d’argent (en un an de voyage, ce n’est pratiquement pas possible de travailler pour s’autofinancer). En faisant cet exercice très simple, je constate que nous avons dépensé 2200 euros mensuels pour deux, soit sur 12 mois 26400 euros !

Je sais, cela semble beaucoup. Et de fait c’est bien plus que nous avions prévu ! Nous qui ambitionnions de partir deux ans, nous avons dû revoir la copie et nous limiter à un an, faute de pouvoir aligner le même montant sur une seconde année… Rentrons dans le détail en précisant les frais (arrondis) qui se sont cumulés :

Les réparations et l’entretien du bateau (1660 €)

  • Changement du rouet de pompe à eau, des filtres à gazole et à huile du moteur : 100 €
  • Réparations de la GV au Brésil puis en Martinique : 350 €
  • NB : nous avons renoncé à réparer le spi symétrique déchiré, pour lequel on nous demandait plus de 500 euros pour 3 h de couture…
  • Frais de port du moteur de pilote automatique (noyé par une vague), heureusement remplacé en échange standard : 120 € de port
  • Panneau solaire 100 W rigide pour remplacer le 100 W souple : 300 €
  • Ancre Delta pour remplacer notre ancre plate, qui dérapait trop souvent à notre goût : 200 €
  • Drosse d’enrouleur de génois et nouvelle paire d’écoutes : 150 €
  • Changement du chargeur électrique : 250 €
  • Diagnostics du frigo défaillant : gratuits
  • Un carénage à la marina de Jacaré : 90 €
  • Un carénage sauvage sur l’Amazone : gratuit
  • Un carénage aux Açores : 100 €

Vols et frais connexes liés à des « contretemps » : j’ai eu deux gros soucis personnels qui m’ont obligée à rentrer et nous avons pris l’avion pour Cuba car nous n’avions plus le temps d’y aller avec Moana (5650 €)

  • Un retour à la Rochelle pour régler un sinistre grave : une canalisation rompue sous la dalle béton de la maison que je louais, nécessitant réparation et création d’un circuit d’eau « aérien », avec les réparations de plancher et peinture qui vont avec… : 450 € de vols A/R depuis les Canaries + 1200 € de reste à charge sur les dégâts + 300 € au Brésil avant de retrouver Moana à Fernando de Noronha
  • Un retour dans le Nord de la France pour enterrer mon père, malheureusement décédé pendant le voyage. Une inhumation n’attendant pas, le trajet Grenade – Paris m’a coûté plus de 2200 €. Total du déplacement avec les frais connexes: 2800 €.
  • Vols Cuba : 900 € (450 x 2)

Vous pouvez constater que les vols et les aléas en cours de voyage ont amplement grevé notre budget mais ne pensez pas que cela n’arrive qu’aux autres : il faut prévoir ce type d’impondérables, peut-être pas pour un tel montant (on a fait fort !), mais prévoir quand même… Ce serait dommage de devoir suspendre le voyage avant son terme, juste par manque d’argent !

Hébergements lors des séjours à terre (2740 €)

  • Canaries (8 j x 15) + Olinda (6j x 35) + Miami (150 €) + Panama (150 €) = 630 €
  • Brésil (21 j x 30) = 630 €
  • Guyane (Noël à Cayenne) : (5 j x 120) = 600 €
  • Martinique : une nuit 40 €
  • Cuba : (21 j x 40 ) = 840 €

Marinas : 189 jours et 3254 € (soit 17,2 € la nuit en moyenne)

  • Açores (ports -politique tarifaire inter-iles) : 21 j x 10 = 210 €
  • Canaries (mouillage Las Palmas) à Gran Canaria) : 12 j x 3 = 26 €
  • Cap Vert : 7 j x 15 = 105 €
  • Fernando de Noronha (mouillage) : 5j x 50 = 250 €
  • Brésil (Jacaré) : 30 j x 15 + 7 j x 20 = 590 €
  • Guyane : 10 j x 15 = 150 € (+ mouillage Iles du Salut et Kourou)
  • Tobago (mouillage) : 3j x 10 = 30 €
  • Grenade (Marina de Saint Georges) : 21 j x 16 = 336 €
  • Grenadines (mouillages payants dans les diverses îles ) : 21 j x 15 = 315 €
  • Martinique : 6j x 12 ( Etang Z’abricot) + 15 j x 25 (au Marin) + mouillages gratuits = 447 €
  • Guadeloupe : 1 mois à Pointe-à-Pitre = 300 € (+ mouillages gratuits)
  • St Barth : mouillage gratuit devant Gustavia
  • St Martin : 2j marina St Louis (140) + 15 j x 13 (lagon 195) + 1 mois Lagon (160) =495 €

Notez que si du côté Est de l’Atlantique les tarifs sont plutôt favorables, de l’autre côté les coûts flambent : les mouillages gratuits sont très rares car la plupart imposent la prise d’un corps mort payant, les boat boys vous rackettent, les rangers dans les Parcs nationaux passent derrière pour collecter les taxes (eux c’est pour la bonne cause) et les marinas sont plutôt chères (le best of revient à Fort Louis, la Marina chic de Saint Martin – 70 € jour – et au mouillage de Fernando de Noronha, volontairement dissuasif à 50 € jour). Dans cette rubrique je n’évoque que les prix de la nuit pour Moana et son équipage, nous n’avons pas gardé les taxes d’entrée et sortie qu’imposent la plupart des pays lors de la clearance !

Par ailleurs, 189 jours cela représente environ 50 % du temps sur une année : donc nous avons passé 50 % du temps à payer (au port ou au mouillage) et ce même quand nous étions en mode terrestre – au Brésil et à Cuba. Comme par ailleurs nous savons que nous avons passé 25% du temps en mer (un peu plus de 90 jours), il reste donc 25 % du temps dans les mouillages gratuits, où nous avons effectivement un peu traîné…

Moyens de transport – location véhicules , taxis ou bus (hors cheval, vélo, lancha etc) (1315 €)

  • Açores : 6J x 35 = 210 €
  • Canaries : 1 j x 30 = 30€
  • Fernando : 2 j x 50 = 100 €
  • Brésil bus : 250 + 250 = 500 €
  • Guyane : 4 j x 45 (Noel Cayenne et Kourou) + 2 j x 30 (St Laurent) = 240 €
  • Tobago : 1j x 50 = 50 €
  • Grenade : 2 j x 40 = 80 €
  • Union : 3h = 15 €
  • Bequia : 3h =15 €
  • Martinique : 4 j x 45 = 180 €
  • Guadeloupe : 4 j x 45 = 180 €
  • Marie-Galante : 1 j x 50 = 50 €
  • Saintes (scooter) : 1 j x 45 = 45 €
  • Saint Barth : 2 j x 40 = 80 €
  • Saint Martin : 3 j x 35 = 105 €
  • Anguilla : 1j x 35 = 35 €
  • Cuba = 400 €

Carburant : 10 pleins à 90 euros en moyenne (900 €) + 20 € d’essence pour la nourrice du hors bord de l’annexe. Sans compter les pleins des véhicules loués.

Gaz : 5 bouteilles avec un coût variable mais moyen de 22 € = 110 €

Back Up du logiciel de navigation (cartes Navionics) : 4 cartes x 50 = 200 €

Lessives : 24 lessives x 14 euros en moyenne = 336 €

Cartes Sim locales : 6 «régions » X 15 euros en moyenne + environ 50 € de consommation tel et données/mois = 690 €

Au final restent donc 9600 € soit 800 € par mois pour 2, qui ont financé nourriture, café et pots, sorties avec les copains, visites, monuments, souvenirs, carburant des locations de voiture et taxes d’entrée à payer lors des clearances (nous n’en avons pas gardé les traces)… mais aussi les impôts sur le revenu de l’année précédente ! Bref un budget à la mesure de notre bateau, suffisant mais sans fioriture…

J’espère que cet exercice de bilan financier vous sera utile pour bien préparer votre caisse de bord et ne pas avoir de mauvaises surprises. Certes je pose tout sur la table, mais quand on lit les budgets énoncés parfois dans les articles on ne connaît jamais exactement le périmètre d’activités qui y correspond. Là au moins vous avez une vision précise des choses…

Et vous, quel budget prévoyez vous ?

Vous trouverez ici et ici et quelques conseils pour anticiper vos dépenses et constituer une caisse de bord !

Aux escales, comment trouver sa route sans web ni données mobiles ?

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Quand on pose le pied à terre, il n’y a pas forcément d’Internet ou de données mobiles disponibles pour nous guider vers le village, le bar ou la curiosité touristique les plus proches. C’est bête car par définition en terre inconnue on est un peu paumés ! Heureusement aujourd’hui, sous Android comme sous IOS, il existe des solutions pour avoir un GPS, gratuit et sans connexion.

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Dans tous les cas, il faut un peu anticiper. Télécharger l’application que l’on a choisie, ou télécharger par avance les cartes de la zone que l’on prévoit d’explorer. Voici un panel de solutions. Personnellement je me contente d’utiliser Google Maps. Et je commence par ça, parce qu’on a tous Google Maps !

  • Trouver son chemin n’importe où, avec Google Maps

Il faut tout d’abord enregistrer sur le téléphone ou la tablet la carte de la zone que l’on compte explorer (c’est le même principe que les cartes mémoire de cartes de navigation que l’on insère dans les GPS/traceurs…). Pour cela vous allez

  1. Ouvrir Google Maps
  2. Rechercher la ville ou la région concernée dans le moteur de recherche
  3. Zoomer pour grossir le périmètre jusqu’aux limites que l’on veut explorer
  4. Cliquer sur le signet rouge puis cliquer sur « télécharger » : la carte est mémorisée dans le téléphone. Notez qu’il faut parfois plusieurs minutes pour qu’elle charge.(selon le niveau de zoom, la carte peut faire un certain « poids »)
  5. Une fois téléchargée, il faut nommer le fichier de la carte et l’enregistrer..

Dès lors on va pouvoir naviguer dans cette carte, avec le GPS intégré, sans avoir besoin de données extérieures

  1. dans le menu de l’application Google Maps on va cliquer sur « zones hors connexion » pour voir la liste des cartes téléchargées
  2. Sélectionner la carte souhaitée, elle apparaît (mais sera supprimée au bout de 29 jours en moyenne pour libérer de l’espace mémoire)
  3. Dès lors on peut naviguer sur tout le périmètre téléchargé hors connexion, même en mode avion.
  4. Il suffit d’indiquer une destination, un point de départ ou sa position, d’actver la fonction GPS et solliciter un itinéraire pour être guidé par la voix du GPS, tout à fait normalement !

On peut s’en servir pour trouver sa route en voiture (il faut alors bien caler le téléphone ou disposer d’un support ad hoc) mais aussi en mode plan pour visiter une ville. Certains trouvent que Google Maps est approximatif, je n’ai personnellement jamais eu de mauvaise surprise. Le seul vrai problème, c’est que cela ne fonctionne qu’en mode voiture, pas en mode piéton ni vélo. Il faut pour cela se tourner vers d’autres applis, voir ci-dessous.

Des images valant mieux qu’un discours, voici une vidéo très claire sur le sujet.

https://youtu.be/VGsIM5WDQEk

  • Autres solutions, compatibles IOS et Android… et gratuites !

Si Waze est devenue incontournable, dans le monde du GPS connecté et plébiscitée pour ses mises à jour permanentes, elle dépend trop des données pour être retenue dans cette sélection.

Par contre Here WeGo est actuellement l’un des seuls, voire l’unique GPS gratuit et sans publicité capable de fonctionner entièrement hors ligne. L’appli regroupe les itinéraires détaillés de tous vos moyens de transport (auto, vélo, transports en commun, marche, etc.) au sein d’une interface claire. Elle propose d’enregistrer les cartes (d’un pays, d’une région ou d’une ville) pour les stocker localement. L’application inclut une fonction de guidage vocale complète, dans plusieurs langues qu’il est possible de télécharger.

Connectée à Internet, Here We Go peut aussi fonctionner sur un modèle proche de Waze, en téléchargeant les données de cartographie à la volée, mais est aussi capable de suivre l’état du trafic routier, et repérer les nombreux points d’intérêt qui vous entourent. Ses partenariats avec TripAdvisor, BlaBlaCar, ou encore Expedia peuvent vous aider à dénicher une bonne table ou trouver un covoiturage sur votre chemin. En plus d’être utilisable en voiture, l’appli s’avère particulièrement pratique si vous devez vadrouiller à pied une fois arrivé à destination.

Maps.Me, fondée sur un modèle OpenSource, peut aussi télécharger des cartes pour une utilisation hors connexion, toujours gratuitement. Connectée, l’appli est capable de se mettre à jour régulièrement à l’aide des données remontées par les millions de contributeurs à OpenStreeMap. Maps.me propose aussi une fonction originale, le guidage des trajets à vélo. L’application intègre d’autres services comme commander directement une course Uber ou encore d’effectuer une réservation hôtelière via Booking.com.. Navmii GPS World et Scout présentent des caractéristiques similaires, basées sur OpenStreetMap, mais fonctionnent principalement en mode connecté.

Dans un autre registre, OsmAnd Maps et Navigation propose des cartes détaillées mais aussi des cartes d’excursion pour vos randonnées, ainsi que les transports en commun dans les grandes villes. La navigation GPS intègre le guidage vocal. Néanmoins, en mode hors-ligne, l’affichage des cartes peut s’avérer un peu long…

Et vous, connaissez-vous d’autres solutions de routage GPS terrestre, gratuit et sans connexion ?

Crédits photos : O1.Net

Comment vit-on un an après le retour ?

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Quand on part en grande croisière pour plusieurs mois, les Cassandre sont nombreux à pronostiquer un retour délicat, une difficulté à se réinsérer, voire une déprime. Ceux là généralement ne partent jamais ! Mais il faut bien avouer que le voyage laisse des traces et que le retour signe la fin d’une parenthèse…  Voici le bilan que nous avons fait, un an après avoir posé sac à terre.

Cette image d’un cimetière coloré et accueillant à St Barth est un clin d’oeil de second degré ! Je l’ai choisie parce que rentrer est forcément un peu mortifiant, mais que le deuil de la vie passée peut être joyeux si on l’accepte pour passer à autre chose !

  • Les premières (et secondes) impressions :

Retrouver ses amis, le confort d’une maison et se « poser » est quand même bien agréable (les voyageurs au long cours, sur plusieurs années, reviennent souvent en métropole, régulièrement). De fait, une fois à terre, on ne doit plus gérer en permanence le bateau, la logistique est plus simple, on a moins de contraintes, et on retrouve ses racines et ses amis. Bref, c’est comme des vacances.

On retrouve des journées qui s’étirent, car le soleil brille bien après 18 heures… On enchaîne les soirées de retrouvaille avec les copains, à qui on raconte – sans trop fanfaronner – ses « exploits ». On se projette dans une nouvelle vie : racheter un véhicule, retrouver une maison (temporaire ou non), inscrire les enfants à l’école etc. Ces nouveaux projets nous poussent en avant. Pour peu que comme nous vous ayez la chance de présenter votre voyage et votre bateau au Grand Pavois et dans Voiles & Voiliers (voir ici si cela vous intéresse) l’aventure continue à travers images et récits.

Même retrouver le travail – et un salaire – a été pour moi une perspective agréable, du moins au début. L’accueil de mes collègues a été très chaleureux, et pour bien me signifier que je lui avais manqué mon manager m’a harassé de travail. J’avais envie de retrouver ma légitimité, mon cerveau frétillait d’impatience. Mais… il n’était plus au niveau ! Ma mémoire et mon raisonnement n’étaient plus aussi vifs qu’avant : entre temps, j’avais fait un switch de compétences et (presque) tout oublié ! J’avais surtout du mal à me concentrer et rester assise sur une chaise pendant des heures. Je cherchais mes mots, les noms à mettre sur les visages et j’avais oublié la quasi totalité des acronymes dont sont friandes les grandes sociétés. Bref le corps était là mais la tête pas à 100%.

Le retour à la normale a été très progressif et j’ai cumulé la fatigue, au point de devoir arrêter toute activité connexe (Qi gong, ukulélé…) et de me retrouver 6 mois plus tard avec 10 de tension. En consultant les camarades rentrés comme nous au terme d’un long périple nautique, force a été de constater que nous étions unanimement très fatigués, plus lents, plus épicuriens et bien moins obnubilés par le travail qu’avant. En contrepartie, il y avait aussi un consensus sur le fait que nous étions pleins d’idées et motivés par l’envie de repartir…

  • Le travail, les horaires, la routine…

Le plus dur est sans conteste d’abandonner la liberté d’action propre au voyage et de retrouver les mesquineries sociales. Le travail n’est pas en soi inintéressant mais les relations y sont souvent inutilement tendues, contre-productives et on perd son temps à négocier et lutter contre les egos… au lieu de boire des Caïpirinhas sous les palmiers !

Et puis objectivement, une fois la journée de travail terminée, il reste très peu de temps pour vaquer à ses passions, s’occuper de ceux qu’on aime… et même dormir ! Les horaires reprennent le contrôle de notre vie et la routine nous écrase de sa torpeur, sans que la moindre petite tortue vienne nous émerveiller… et nous réveiller. Heureusement le tableau n’est pas si noir, ni permanent, et il existe des moyens de garder des étoiles dans les yeux !

  • Les nouveaux projets

Pour beaucoup de nos amis qui sont rentrés en même temps que nous, le retour était synonyme de la fin d’un rêve et du retour à la réalité  – cette dernière étant souvent perçue comme sclérosante. Pour garder la motivation, dès notre retour nous nous sommes plongés dans le projet d’un Raid en 4 L dans les Alpes : un challenge dépaysant, nécessitant de l’investissement mental et de la préparation. Cela nous a maintenu en « mode projet », surtout mon chéri qui en rentrant s’est retrouvé jeune retraité…

Par ailleurs nous avions déjà quelques projets en tête. Mais pour mieux les réaliser, nous avons laissé de côté – pour quelques temps – le dossier grande croisière. Rassurez-vous notre nouveau leitmotiv n’en est pas très éloigné : il consiste à trouver des moyens de financer un départ beaucoup plus long :-))) !

Nous nous sommes donc engagés dans diverses activités visant à générer des revenus réguliers et durables : faire de la location saisonnière, donner des cours, investir dans l’immobilier… nous explorons de multiples pistes ! Cela prend du temps, mais nous n’avons que trop tardé (nous ne sommes pas de grands financiers). il faut donc garder le cap, et rester sereins. Concilier tout cela avec la logistique du quotidien et le travail devient un jeu, où la patience a aussi sa place. Au passage on apprend beaucoup, et c’est une stimulation qui se rapproche des découvertes faites en voyage…

Au final, c’est vrai sur le spleen nous rattrape de temps en temps ! Mais c’est normal et presque fun de mesurer les effets du voyage sur notre évolution, le tout étant d’accepter ces nouveaux points de vue. C’est avec ce nouveau « moi », ce nouveau « nous », qu’il faut progresser et tendre vers un nouveau but, quel qu’il soit. C’est le cycle de la vie… et peut-être la preuve que l’on grandit.

Et vous comment voyez-vous le « retour sur terre » ?

Crédits photos : fboy

Premiers soins à bord (2/3) : comment donner l’alerte ?

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Après la prévention (voir ici), le second pilier des premiers secours en mer est de donner l’alerte (le A du P.A.T). Loin de tout, le temps est compté et il faut savoir prévenir les secours le plus vite et le plus efficacement possible. C’est simple mais il y a quelques trucs à connaître ! Pour tout savoir c’est ici…

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  • L’alerte par ASN en cas d’urgence vitale : c’est (presque) automatique !

L’appel sélectif numérique ASN, (DSC en anglais pour Digital Selective Calling), disponible désormais sur toutes les VHF récentes,  permet de lancer  automatiquement une alerte de détresse, d’urgence ou ou de sécurité auprès d’un navire ou d’une station terrestre, en appuyant sur la touche DISTRESS. Comme les ondes de la VHF ont une portée d’environ 25 milles (qui dépend notamment de l’installation de votre antenne sur le bateau !) les appels sont relayés par les navires de commerce ou de pêche qui vous entourent. Ainsi l’appel est automatiquement réémis de navire en navire jusqu’au moment où une station terrestre en accuse réception. 

Rassurez-vous, si pour des raisons de distance, le message ne peut aboutir à une station côtière de secours, le navire professionnel peut le faire suivre par d’autres moyens de communication longues distances.

  • L’ASN comment ça marche ? 

Entrez par le menu CALL , puis  DISTRESS : sélectionnez la nature de la détresse,  entrez la position géographique du navire (sauf si la VHF est déjà interfacée avec le GPS), appuyez sur SEND  pour envoyer ou  CANCEL  pour annuler ou corriger.

Quand vous déclenchez la touche DISTRESS, vous voyez apparaître sur l’écran de la VHF la position GPS (si votre GPS est interfacé) et l’heure.  Ensuite si ce n’est qu’une urgence médicale, vous avez le temps d’indiquer, dans la liste programmée, la nature de l’incident, en l’occurrence URGENCY. Une deuxième pression sur la touche DISTRESS de plus de 5 secondes envoie automatiquement le message avec le numéro MMSI. L’ASN réémet l’appel de détresse toutes les 4 minutes, dans l’attente de l’accusé de réception.

Dès que le message est réceptionné par le CROSS, vous recevez un accusé de réception. Sachez que les bateaux sur zone (à portée VHF) s’ils sont équipés d’un modèle ASN reçoivent aussi le message et peuvent le lire sur l’écran de leur VHF et écouter la réponse de la station de secours. Ils peuvent décider d’intervenir si besoin, avec l’accord du CROSS. Cette procédure est applicable à bord comme dans le bib, si vous disposez de l’ASN sur votre VHF portable (c’est possible depuis 2012 mais non obligatoire).

A la réception d’un accusé de réception, une alarme sonne et l’ASN affiche « Acknowledgement received » (accusé de réception reçu). A partir de ce moment là, la ré-émission de l’appel de détresse est stoppée par l’ASN et vous devez passer sur le canal 16 pour transmettre votre message. Le CROSS peut  alors vous mettre en communication avec le médecin d’un navire proche ou avec les médecins du CCMM (Centre de Consultation Médicale Maritime) du CHU de Toulouse, en veille 24h/24 et 7j/7, 365 jours par an. Si besoin et si c’est possible, une évacuation peut-être orchestrée par le CROSS.

Nota Bene : si vous naviguez dans les eaux françaises, sachez que le Certificat de Radiotéléphonie Restreint (CRR), permettant d’utiliser la VHF, n’est plus obligatoire depuis 2011. Par contre si vous partez au long cours, pensez à passer l’examen, car  le CRR est obligatoire dans la plupart des pays du monde.

  • L’alerte classique

Si toutes les nouvelles VHF intègrent la fonction ASN, tous les bateaux ne sont pas équipés de ces dernières versions.. On peut donc bien entendu à partir d’une VHF « classique » lancer un appel de détresse, en l’occurrence pour un problème de santé un Pan-Pan.

Pour cela il faut aller sur le 16 et énoncer la séquence suivante :

« Pan Pan » x 3 fois + nom du navire x 3 fois +  rappel « Pan Pan » + « nom » x 1 – Position GPS x 1 – Nature du problème + assistance souhaitée x 1 – Personnes : nombre et blessés x 1 – Actions que l’on prévoit x 1 – « Over « x 1.

Si vous avez un MMSI mais passez l’appel directement par le 16 (et non par l’ASN) donnez l’indicatif MMSI du navire après son nom.

Vous aurez directement le CROSS ou un navire relais et de la même manière vous pourrez bénéficier d’une consultation à distance voire de conseils pour les soins d’urgence par les urgentistes du CCMM.

  • Pour le large, anticipez une éventuelle sollicitation du CCMM

Un pépin est vite arrivé et si le blessé prend des médicaments ou présente une quelconque contre-indication, cela peut être compliqué de trouver son traitement et dosage en urgence, alors qu’il est très mal. Une précaution à prendre avant une grande croisière est d’adresser au CCMM une fiche d’identité du navire et de ses équipiers, détaillant leurs maladies chroniques, troubles et traitements. Lors de l’appel, les médecins pourront très vite retrouver cette fiche pour affiner leur diagnostic et prescription.

Cette fiche peut-être customisée pour un voyage spécifique ou être « générique » et rester durablement dans les dossiers du CCMM. Pensez juste à l’actualiser de temps en temps, selon l’évolution de l’équipage… et des traitements de chacun. Le lien du secrétariat pour obtenir le modèle de fiche est le suivant : ccmm.secretariat@chu-toulouse.fr.

Pour les consultations médicales non urgentes vous pouvez joindre le CCMM :

  • en direct par satellite ou mobile
    • au 32 ou 38 sur le réseau INMARSAT
    • au +33 5 34 39 33 33
  • par l’intermédiaire des CROSS
    • VHF canal 16
    • mobile GSM, composer le 196

Pour notre part, sur Moana, nous avons tous ces contacts et la formule d’appel affichés à portée de vue à côté de la VHF, pour ne pas perdre de temps…

Crédits photos : fboy – bien entendu, je partage ces informations pour être utile, mais dégage toute responsabilité quant à leur mauvaise interprétation et/ou mise en oeuvre.

Et vous, comment abordez-vous cette question ?