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Cap au Nord, destination les Antilles !

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Nous laissons la Guyane, ses charmes et ses eaux troubles, derrière nous pour rejoindre les Antilles, cap sur l’île de Tobago. A nous le ciel bleu, les eaux limpides et les îles !

  • De Guyane à Tobago, en 3 jours et demi !

Nous quittons Saint-Laurent du Maroni et David le 5 janvier, sous des trombes d’eau. Il ne faut pas rater la marée qui va nous permettre de remonter le Maroni avec le courant, alors on n’a pas le choix. Mister Linck en poncho à la barre, totalement trempé, moi à la navigation entre la table à cartes et la descente pour lui donner les bouées à suivre, nous mettons un peu plus de 3 heures pour retrouver la pleine mer. Dès les premiers milles, la météo évolue et nous redonne le moral : même si la mer est croisée donc désagréable, même s’il y a près de 30 nœuds de vent, le temps s’améliore. Nous n’avons d’averses que quand un grain nous assaille. Il ne faudrait pas perdre trop vite l’habitude !

Les nuits sont belles, nous croisons des dauphins… et même les pêcheurs sont pacifiques. Je réveille juste le capitaine la seconde nuit pour éviter un énorme navire illuminé de partout qui fait route de collision depuis des heures… et qui s’avérera une plateforme pétrolière en (très lent) déplacement. En tout cas le fameux courant guyanais qu’on nous promettait depuis le nord Brésil semble enfin avec nous : nous avalons plus de 180 milles le premier jour (plus de 7 nœuds de moyenne ! ) et mettrons finalement 3 jours et demi pour faire les 600 milles séparant le Maroni de Store Bay, notre destination. A peine le temps de faire à la mano le pavillon de courtoisie que nous n’avions pas prévu !

Nous arrivons le soir, bien fatigués, et par malchance prenons un casier dans l’hélice au moment d’affaler la grand voile ! Cette fois c’est compliqué car il y a beaucoup de bouts emmêlés. Nous sommes amarrés de fait, au beau milieu d’une passe très fréquentée, notamment par les paquebots et la nuit tombe. Nous ne pouvons rester là. Il faut faire vite car quand nous mettons le moteur, on sent que l’hélice est bloquée, ce qui veut dire que même libérés, nous devrons rentrer dans ce mouillage inconnu, de nuit, à la voile, ce qui est hasardeux… Nous gonflons l’annexe et la mettons à l’eau, pour que Mr Linck taille dans les bouts, que je repère d’en haut sur le bateau… tandis que le soleil décline. Le casier libéré, nous tentons sans grand espoir de mettre le moteur… et miracle, ça marche ! Au ralenti, mais ça marche !

Nous rentrons donc au mouillage doucement mais surement, à la nuit. Dès que nous sommes à portée de VHF nous appelons Patrick et Fabrice qui, toujours serviables, arrivent en annexe pour nous accueillir, nous indiquer une bouée et nous aider à nous amarrer. Après ces émotions et une fois le bateau rangé, nous filons tous les quatre manger une énorme et succulente pizza à La Cantina ! Le village est animé, beaucoup de casinos, cash machines et bars clinquants où de vieux anglais sirotent un brandy avant d’aller jouer leurs économies. Au retour près de la plage illuminée par les étoiles, le Coco Reef Resort, un hôtel de luxe avec plage et port privé, nous nargue… Mais le climat est sain, et ce que nous voyons du paysage nous redonne le moral.

  • Nos retrouvailles avec les Caraïbes :

Après une bonne nuit de sommeil (aahhh dormir plus de 2 heures d’affilée comme c’est bon !), nous émergeons à peine que nous voyons Patrick plonger depuis son annexe sous Moana : bon apnéiste, il est venu nous dépanner et libérer notre hélice de l’amas de bouts accumulés… et il y a de quoi faire depuis nos premières rencontres avec les filets ! Notre ange-gardien y passe plus d’une demi-heure et repart sans même boire un café… Nous filons faire la clearance pour être en règle et retrouvons les garçons quelques minutes plus tard pour visiter l’île en voiture.

Tobago est beaucoup plus grande, montagneuse et diversifiée que nous l’imaginions. Nous découvrons ses trésors au fil des lacets montagneux serrés où s’égrènent les noms exotiques des villages et des mouillages : Anse Fourmi, Englishman Bay, Charlotteville… L »île est bordée de criques aux fonds transparents, offre de superbes panoramas sur la mer bleue électrique et concilie l’authenticité de villages simples et charmants avec le luxe de restaurants et resorts aux emplacements et aménagements sophistiqués. Nous déjeunons ainsi dans un restaurant de Castara construit sur pilotis à flanc de montagne, en terrasse avec vue sur une crique superbe, au milieu des colibris et des manguiers. Quel contraste avec nos précédentes destinations… !

  • Un départ sous le signe de la tristesse…

Ayant refait le plein de vivres, nous partons le lendemain vers Grenade et son île sœur Cariacou, qui sont le premier groupe d’îles des Grenadines. Ces noms font rêver et nous motivent à nous lever aux aurores ! Nous partons en escadre avec Sarama à 5h00 du matin, en braquant dans la pénombre nos lampes torche pour repérer les éventuels casiers et filets qui pourraient de nouveau nous piéger. Et de fait, nous en repérons et contournons quelques-uns… Le jour se lève sur une mer d’huile et sans vent, nous avançons au moteur.

Deux heures plus tard, nous avons fait péniblement 10 milles et le vent commence à peine à se lever quand mon téléphone sonne ! Si loin des côtes, c’est presque un miracle qu’il y ait de la réception ! C ‘est mon frère David et je sais d’emblée à l’heure qu’il est et à sa voix qu’il a une mauvaise nouvelle à m’annoncer. Notre père est décédé à 6h30 ce matin, la fratrie s’organise pour préparer ses obsèques et moi je bascule dans la préparation d’un retour en urgence vers le nord de la France, pour être avec ma famille. Au loin, avec ses 50 pieds, Sarama joue avec le vent et allonge la foulée…

Crédits photos : fboy

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