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L’avitaillement : prévoir à terre pour mieux vivre en mer

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L’avitaillement : prévoir à terre pour mieux vivre en mer

Dans une activité aussi exposée aux éléments et parfois sportive que la voile, bien se nourrir est crucial pour l’énergie, la sécurité mais aussi la bonne humeur de l’équipage. Pour une croisière de quelques jours comme pour une Transat, voici quelques astuces pour bien avitailler. avitaillement sec

  • Quels sont les enjeux ?

L’adaptation permanente du corps aux mouvements du bateau, le climat – froid ou chaud – les vents plus ou moins forts qui refroidissent le corps… beaucoup de paramètres jouent dans le fait que la dépense calorique du marin n’est pas la même qu’à terre : on peut vite dépenser 3000 kcal par jour, ce qui est bien plus que la norme au repos, qui est de 2100 kcal/jour pour un homme et 1800 kcal pour une femme.

La nourriture doit donc être un peu plus riche pour fournir la différence et permettre de maintenir le niveau de vigilance et l’explosivité dans les manoeuvres. Il faut également boire davantage : entre 2 et 3 l par personne et par jour selon que l’on est dans un climat tempéré ou chaud ou équatorial. Elle doit aussi être la plus variée possible pour rendre agréable le rituel des repas et donc l’ambiance à bord… Bref manger prend une toute autre dimension en mer !

  • Les questions à se poser avant de faire les courses :

Les quantités et le type d’alimentation vont varier selon plusieurs critères :

  • le bassin de navigation : Atlantique, Méditerranée, Antilles…
  • la saison et les conditions météo ainsi que la durée de navigation prévues
  • le nombre, le genre, l’âge de l’équipage (et du capitaine !)
  • les goûts et allergies éventuelles des uns et des autres (ex : gluten, cacahuète…)
  • la capacité de stockage à bord (selon volume des coffres, planchers et équipets)
  • les moyens de cuisson disponibles : feux ou four, avec ou sans grill ? Glacière ou vrai frigo ?

Ces questions définissent le champ des possibles de votre alimentation !

  • Comment faire sa liste de courses ?

Commencez par faire les menus pour une semaine (en consultant l’équipage). Il va s’agir de prévoir en détail

  • les repas de midi et du soir,
  • mais aussi plus globalement les petit-déjeuners
  • les collations (du matin, de 4 heures et de la nuit)
  • et… les apéros bien sûr (boissons et biscuits) !

Là encore la fantaisie doit être canalisée par la rationalité : prévoyez des repas simples mais chauds (donc revigorants) pour le gros temps, des repas légers pour les jours de chaleur, voire des repas de fête type anniversaire. Et si vous partez en grande croisière, pensez à prendre des stocks de denrées « plaisir » que vous ne trouverez pas ailleurs (confit de canard, vin etc) mais aussi du secours (notamment pour le grab bag complémentaire de la survie). Vous trouverez sur le web divers exemples de listes d’avitaillement (adaptées selon le nombre d’embarqués et la durée de la croisière) ainsi que quelques idées d’achats (par exemple ici).

Une fois les repas établis sur une semaine, multipliez les quantités par le nombre de semaines de croisière prévues… et adaptez pour éviter la lassitude : en variant les composants (ex : protéines = poulet/boeuf/œufs..) selon le degré et le mode de conservation. Vous pouvez encore optimiser l’avitaillement en cherchant :

  • les produits prenant le moins de place pour un poids donné (ex : linguines vs tagliatelles)
  • ceux ayant la meilleure « efficacité » énergétique… Par exemple quelques lyophilisés en réserve, pour le mauvais temps notamment.

Ensuite, quantifiez les besoins. Pour cela recensez les quantités par produit et comptez en portions individuelles de repas (ex : 1 kg de pâtes = 4 portions = 4 personnes). Pour les aliments « frais » (fruits, légumes, viande, pain, etc) prévoyez 20 % de plus pour anticiper les pertes (a raison de 2 tomates/jour, 30 tomates ne se conservent pas 15 jours). Enfin, ne lésinez pas sur stock d’eau (voir supra les quantités individuelles, à multiplier par le nombre de jours + 10 %).

Attention, ce n’est pas fini ! Au delà de la nourriture il va falloir aussi prévoir du matériel pour le bateau (crayon bois HB, piles, scotch, …) et de petits consommables pour la vie de tous les jours (papier toilette, torchons, éponges, gel douche, savon, allumettes etc).

Voilà, votre liste de courses est prête ! Vous pouvez partir au supermarché… Toutefois il ne suffit pas d’acheter, il va falloir tout stocker dans le bateau, le plus intelligemment possible, puis gérer les stocks… Pourquoi pensez-vous qu’il y a un responsable de la cambuse sur les gros bateaux ?

Et vous…. racontez-nous vos astuces pour bien faire l’appro !

Crédit photo : fboy

3 COMMENTS

    • bjr Pierre tout d’abord merci d’avoir fait une video ¡¡¡ Tu peux nous l’envoyer sur nos mail persos que je vais communiquer sur ton mail. Nous la recevrons des qu’on pourra de nouveau se connecter ¡ Tu m’autorise a l’utiliser pour le blog ??? Merci en tt cas et bon vent a toi.

  1. Hola du bateau….
    Le nerf de la guerre, essentiel, primordial….vous pouvez nous envoyer du saucisson et du camembert, la cambuse est vide.
    Besos

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