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Premiers soins à bord (2/3) : comment donner l’alerte ?

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Après la prévention (voir ici), le second pilier des premiers secours en mer est de donner l’alerte (le A du P.A.T). Loin de tout, le temps est compté et il faut savoir prévenir les secours le plus vite et le plus efficacement possible. C’est simple mais il y a quelques trucs à connaître ! Pour tout savoir c’est ici…

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  • L’alerte par ASN en cas d’urgence vitale : c’est (presque) automatique !

L’appel sélectif numérique ASN, (DSC en anglais pour Digital Selective Calling), disponible désormais sur toutes les VHF récentes,  permet de lancer  automatiquement une alerte de détresse, d’urgence ou ou de sécurité auprès d’un navire ou d’une station terrestre, en appuyant sur la touche DISTRESS. Comme les ondes de la VHF ont une portée d’environ 25 milles (qui dépend notamment de l’installation de votre antenne sur le bateau !) les appels sont relayés par les navires de commerce ou de pêche qui vous entourent. Ainsi l’appel est automatiquement réémis de navire en navire jusqu’au moment où une station terrestre en accuse réception. 

Rassurez-vous, si pour des raisons de distance, le message ne peut aboutir à une station côtière de secours, le navire professionnel peut le faire suivre par d’autres moyens de communication longues distances.

  • L’ASN comment ça marche ? 

Entrez par le menu CALL , puis  DISTRESS : sélectionnez la nature de la détresse,  entrez la position géographique du navire (sauf si la VHF est déjà interfacée avec le GPS), appuyez sur SEND  pour envoyer ou  CANCEL  pour annuler ou corriger.

Quand vous déclenchez la touche DISTRESS, vous voyez apparaître sur l’écran de la VHF la position GPS (si votre GPS est interfacé) et l’heure.  Ensuite si ce n’est qu’une urgence médicale, vous avez le temps d’indiquer, dans la liste programmée, la nature de l’incident, en l’occurrence URGENCY. Une deuxième pression sur la touche DISTRESS de plus de 5 secondes envoie automatiquement le message avec le numéro MMSI. L’ASN réémet l’appel de détresse toutes les 4 minutes, dans l’attente de l’accusé de réception.

Dès que le message est réceptionné par le CROSS, vous recevez un accusé de réception. Sachez que les bateaux sur zone (à portée VHF) s’ils sont équipés d’un modèle ASN reçoivent aussi le message et peuvent le lire sur l’écran de leur VHF et écouter la réponse de la station de secours. Ils peuvent décider d’intervenir si besoin, avec l’accord du CROSS. Cette procédure est applicable à bord comme dans le bib, si vous disposez de l’ASN sur votre VHF portable (c’est possible depuis 2012 mais non obligatoire).

A la réception d’un accusé de réception, une alarme sonne et l’ASN affiche « Acknowledgement received » (accusé de réception reçu). A partir de ce moment là, la ré-émission de l’appel de détresse est stoppée par l’ASN et vous devez passer sur le canal 16 pour transmettre votre message. Le CROSS peut  alors vous mettre en communication avec le médecin d’un navire proche ou avec les médecins du CCMM (Centre de Consultation Médicale Maritime) du CHU de Toulouse, en veille 24h/24 et 7j/7, 365 jours par an. Si besoin et si c’est possible, une évacuation peut-être orchestrée par le CROSS.

Nota Bene : si vous naviguez dans les eaux françaises, sachez que le Certificat de Radiotéléphonie Restreint (CRR), permettant d’utiliser la VHF, n’est plus obligatoire depuis 2011. Par contre si vous partez au long cours, pensez à passer l’examen, car  le CRR est obligatoire dans la plupart des pays du monde.

  • L’alerte classique

Si toutes les nouvelles VHF intègrent la fonction ASN, tous les bateaux ne sont pas équipés de ces dernières versions.. On peut donc bien entendu à partir d’une VHF « classique » lancer un appel de détresse, en l’occurrence pour un problème de santé un Pan-Pan.

Pour cela il faut aller sur le 16 et énoncer la séquence suivante :

« Pan Pan » x 3 fois + nom du navire x 3 fois +  rappel « Pan Pan » + « nom » x 1 – Position GPS x 1 – Nature du problème + assistance souhaitée x 1 – Personnes : nombre et blessés x 1 – Actions que l’on prévoit x 1 – « Over « x 1.

Si vous avez un MMSI mais passez l’appel directement par le 16 (et non par l’ASN) donnez l’indicatif MMSI du navire après son nom.

Vous aurez directement le CROSS ou un navire relais et de la même manière vous pourrez bénéficier d’une consultation à distance voire de conseils pour les soins d’urgence par les urgentistes du CCMM.

  • Pour le large, anticipez une éventuelle sollicitation du CCMM

Un pépin est vite arrivé et si le blessé prend des médicaments ou présente une quelconque contre-indication, cela peut être compliqué de trouver son traitement et dosage en urgence, alors qu’il est très mal. Une précaution à prendre avant une grande croisière est d’adresser au CCMM une fiche d’identité du navire et de ses équipiers, détaillant leurs maladies chroniques, troubles et traitements. Lors de l’appel, les médecins pourront très vite retrouver cette fiche pour affiner leur diagnostic et prescription.

Cette fiche peut-être customisée pour un voyage spécifique ou être « générique » et rester durablement dans les dossiers du CCMM. Pensez juste à l’actualiser de temps en temps, selon l’évolution de l’équipage… et des traitements de chacun. Le lien du secrétariat pour obtenir le modèle de fiche est le suivant : ccmm.secretariat@chu-toulouse.fr.

Pour les consultations médicales non urgentes vous pouvez joindre le CCMM :

  • en direct par satellite ou mobile
    • au 32 ou 38 sur le réseau INMARSAT
    • au +33 5 34 39 33 33
  • par l’intermédiaire des CROSS
    • VHF canal 16
    • mobile GSM, composer le 196

Pour notre part, sur Moana, nous avons tous ces contacts et la formule d’appel affichés à portée de vue à côté de la VHF, pour ne pas perdre de temps…

Crédits photos : fboy – bien entendu, je partage ces informations pour être utile, mais dégage toute responsabilité quant à leur mauvaise interprétation et/ou mise en oeuvre.

Et vous, comment abordez-vous cette question ?

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