Home Sécurité Premiers soins : la prévention avant tout (1/3) !

Premiers soins : la prévention avant tout (1/3) !

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En bateau, le premier soin c’est de prévenir les problèmes. Lapalissade, me direz-vous ! Mais comme la mer est facétieuse, un malaise ou une blessure sont vite arrivés. En trois articles, je vous donne des tuyaux qui vous dépanneront en respectant les principes du PAT : Prévenir, Alerter, Traiter. Pour le premier article on commence par la prévention.

  • Au préalable, anticipez les risques « techniques » donc :

    • prenez la météo et décidez du programme en fonction du temps, du bateau, de la zone de navigation et de l’équipage (équipiers… et skipper !)
    • vérifiez régulièrement l’état du bateau et entretenez-le au niveau moteur, gréement, vannes et passe-coques, système de barre, électronique de bord et équipements de sécurité (veiller aussi à la maintenance  des voiles, du mouillage etc n’est évidemment pas un luxe)
    • veillez à avoir des équipements de sécurité adaptés et entretenus : gilets de sauvetage (si le bateau est enregistré pour 6 personnes, il faut 6 gilets), harnais et longes + lignes de vie, bouée fer à cheval et feu à retournement, BIB à jour, VHF portable etc (voir ici tous les équipements de sécurité de MOANA si vous voulez une liste exhaustive).
    • prenez la mesure des compétences techniques de vos équipiers et entraînez-les à progresser : barrer à toutes les allures, manoeuvrer à la voile, manoeuvrer au moteur, alerter les secours à la VHF, arrêter le bateau puis récupérer un homme à la mer, pendre la météo, faire la nav, etc. Demain si le skipper tombe à l’eau, il faut que quelqu’un puisse venir le récupérer ! Les stages de sécurité et survie sont très complets et efficaces pour se préparer au pire.
  • Il faut aussi veiller à la santé et au moral de l’équipage :

    • Evitez les blessures en portant des chaussures de pont (que de petits orteils cassés sur l’accastillage !), un chapeau/casquette sur la tête (amortisseur de chocs et protection solaire) et des gants de voile (qui n’a pas eu une mains brûlée par un bout qui file ?). Par ailleurs, manipulez le matériel de pêche avec des gants, des chaussures au pied et la plus grande prudence, car un hameçon planté dans un doigt n’est pas une sinécure !
    • Echappez aux brûlures en n’intervenant jamais sur un moteur chaud ni en cuisinant en short et pieds nus. Si on navigue et cuisine avec de l’eau bouillante sur le feu le ciré s’impose ainsi que des chaussures – pas des bottes car l’eau y pénétrerait. Les brûlures causées par l’eau bouillante sont a minima de 2nd degré et nécessitent parfois une intervention des secours !
    • Endiguez les infections, dans un environnement humide et salin :
      • lavez-vous tous les jours, au moins avec des lingettes bébé, et en veillant aux zones sensibles à l’humidité (comment dire ça…). Se brosser les dents peut aussi permettre d’éviter ou contenir des infections. Rincez plus abondamment que d’habitude les lentilles de vue, et après vous être systématiquement lavé les mains.
      • même s’il y a moins de microbes en mer, veillez  aux méfaits de l’humidité sur de petites coupures ou blessures (ex : j’ai mis trois semaines pour soigner une plaie au genou nettoyée et pansé deux  fois par jour,  après 10 jours de mer bien humides…)
    • Protégez-vous du soleil, un vrai faux-ami : avec des lunettes de voile (polarisantes et flottantes si possible, voir notre article sur le sujet ici), un couvre-chef et bien sûr de la crème solaire (indice 50 recommandé, il inclut  une part de crème hydratante).
    • Faute d’ombre à bord, ou si le coup de soleil est avéré, il ne faut pas hésiter même en plein cagnard à mettre un t-shirt à manches longues et un pantalon, voire un chèche pour protéger votre cou et vos épaules. Empêcher les morsure du soleil vous soulagera et compensera a sensation d’être trop couvert. Si vous  avez trop chaud, rien ne vous empêche de mouiller T-shirt et chèche, pour vous rafraîchir…
    • Prévenez la déshydratation en restant au frais et en buvant ce qui vous évitera le coup de chaleur (gros maux de tête, fièvre et parfois euphorie), le mal de mer, les problèmes de digestion et coliques diverses.
    • Anticipez les risques de mal de mer dans les 24 à 48 premières heures en vérifiant que les équipiers ne s’exposent pas aux 5 F (froid, fatigue, faim, frousse… et Foif !). Pour prévenir et juguler le mal de mer, nous avons dans de précédents articles évoqué les méthodes pour s’amariner (lire ici) et les moyens de canaliser le malaise (lunettes ici, vêtements là.).
    • Evitez la constipation en gardant un régime varié : modérez la consommation de féculents, mangez des légumes, des pruneaux, buvez beaucoup… et allez aux toilettes !
  • Enfin, quand le bobo est là,  il faut avoir la bonne pharmacie !

Pour le coup, c’est assez simple : dans sa grande sagesse le gouvernement a défini des dotations pharmaceutiques obligatoires en fonction des distances auxquels nous naviguons (moins de 2 mill, de 2 à 6 milles des cotes, entre 6 et 60 milles et au delà de 60 milles). Tout est détaillé dans la division 240, accessible sur Internet (lire le résumé dans notre article ici).

Le hic c’est que ces pharmacies obligatoires, conçues par des bureaucrates, ne sont pas toujours très logiques. Vous aurez de quoi ranimer un mort, rapprocher les rives d’une plaie, immobiliser n’importe quel membre, prendre la tension, anesthésier ou piquer, mais pas plus de deux boîtes de doliprane ou quelques lingettes désinfectantes pour les bobos du quotidien…

Il faut  donc compléter la dotation obligatoire avec une dose de bon sens. Je suggère d’ajouter :

  • pour le mal de mer :
    • du Mercalm (qui endort)
    • ou du Scopoderm (qui dilate les pupilles)
    • ou du Stugeron (efficace, mais interdit en France car nocif pour les reins)
  • pour les plaies :
    • des compresses
    • un spray désinfectant
    • des pansements adhésifs
    • quelques boîtes de doliprane ou autre forme de paracétamol

Au delà de la pharmacie du bord, définie selon le périmètre de navigation, prévenez vos équipiers de prévoir leur propre trousse, avec leurs traitements, mais aussi quelques pansements et comprimés contre le mal de mer. La pharmacie de bord doit servir en cas d’urgence et en palliatif, mis ne doit pas être dépouillée à tout bout de champ.

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Crédits photos : fboy 

2 COMMENTS

  1. Bonjour, Je fais remplir une fiche médicale à toute personne présente sur le bateau, skipper compris, fiche contenue dans une enveloppe au nom de la personne et ceci qq soit la durée de la nav.
    Fiche ouverte : nom, prénom, âge, allergie connue (nourriture), médicamentation journalière, au dos de l’enveloppe par ex.
    Fiche fermée : maladies, opérations, antécédents médicaux, nom du ou des docteurs, personne à prévenir en cas d’accident dans l’enveloppe cachetée.
    Cette enveloppe suit la personne en cas d’évacuation ou de contact radio avec un centre médical (Toulouse Purpan par ex) pour utilisation de la trousse de bord (contre-indication médicamenteuse), sinon elle lui est rendue à la personne en fin de nav.
    Vous pouvez l’adapter à votre cas personnel ou à vos expériences.
    On ne prend jamais trop de précautions, un accident est si vite arrivé .
    Bonnes navs.
    Très bon site, très bien renseigné qui ne tombe pas dans le superflu.

    • Merci Patrick pour ce partage d’une vraie bonne pratique ! La prévention est cruciale et vous allez encore plus loin que nous. N’hésitez pas à partager d’autres savoir-faire ! A bientôt sur Mers & Merveilles !

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