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Economisez en révisant vous-même vos gilets automatiques !

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Les gilets automatiques, qui assurent notre flottabilité en cas de chute à la mer, doivent être vérifiés au moins une fois par an. Ce qui n’était qu’un principe de bon sens est devenu  une obligation (voir article sur l’actualisation de division 240). Confier ses gilets à un professionnel coûte cher, alors voici comment le faire vous-même !

nos gilets en révision

Si les gilets en mousse ne nécessitent presque pas d’entretien, les gilets gonflables doivent être stockés dans le lieu le plus sec et aéré du bateau, mais surtout révisés régulièrement. C’est important pour vérifier le bon état de fonctionnement du système de percussion et de la vessie gonflable, notamment.

  • La méthode en 7 + 6 étapes

En premier lieu on va contrôler les consommables du percuteur. La méthode varie légèrement selon que l’on a un gilet automatique à pastille de sel, à percuteur UML (cellulose qui se délite) ou hydrostatique (spécifique Hammar). Je le précise dans le corps du texte.

  1. Dans tous les cas, ouvrez la housse par le col et dégagez le percuteur.
  2. Vérifiez s’il y a lieu, la bonne position du levier de déclenchement manuel
  3. Contrôlez si les deux indicateurs – celui de la cartouche de gaz et celui du dispositif de percussion – sont au vert ou non. Si l’un d’eux au moins est rouge c’est que le consommable doit être changé sans discussion : filez au shipchandler le plus proche ! S’ils sont verts, on continue le contrôle. Notez que s’il reste un tout petit peu de rouge au dessus du vert (1 à 2 mm) dans le cabochon du système à sel c’est souvent que le ressort s’est un peu détendu au fil du temps. Revissez le cabochon à fond et vérifiez que l’indicateur repasse au vert.
  4. Dans tous les cas dévissez la cartouche de gaz en place et vérifiez sur une balance de cuisine que son poids est bien supérieur ou égal au poids minimum indiqué sur le corps de la cartouche. Si ce n’est pas le cas, elle est périmée. Il faut donc la changer. Utilisez pour cela votre kit de rechange (qui a une date de péremption) et allez en acheter un autre au shipchandler pour avoir toujours un secours avec une date de validité fiable. Le remplacement s’opère en dévissant/revissant la cartouche.
  5. Jetez un œil au passage sur le joint de cartouche qui est dans le percuteur : il faut le remplacer s’il est dégradé. Ne revissez pas tout de suite la cartouche, attendez d’avoir fini le contrôle de tout le gilet  (ce serait bête de déclencher le gonflage par erreur ! J’en parle d’expérience 🙂
  6. Pour contrôler les systèmes de percussion :
    1. Si vous avez un percuteur à pastille de sel, dévissez le cabochon, ôtez la pastille et regardez la date qui y est indiquée. Attention cette date est la date de fabrication et non celle de limite de validité. C’est très trompeur et rarement spécifié. Elle est à lire dans l’ordre suivant : mois, jour et année en dessous ! Les pastilles ont une durée de vie de 30 mois en stockage mais de seulement un an une fois qu’elles sont montées et utilisées en milieu humide. Il vous faut donc savoir quand vous l’avez montée et changer la pastille si elle est montée depuis plus d’un an ou si elle a plus de 30 mois… Dans tous les cas, calculez aussi la date de validité de celle que vous remettez en place !
    2. Si vous avez un percuteur UML vérifiez la date limite d’utilisation indiquée sur le corps de la tête UML. Là, il n’y a pas d’embrouille. Si elle est dépassée, il faut changer la tête. Sinon elle peut faire son office jusqu’à la date échue. Elle se dévisse et se revisse comme le reste.
  7. Validez enfin que les indicateurs du système de déclenchement (pastille, UML ou hydrostatique) et celui de la cartouche de gaz sont bien verts après contrôle. Sinon recommencez la manipulation !

Des images valant mieux qu’un discours, voici les vidéos du fabricant CERTEC décrivant la révision des percuteurs de ses gilets (UML).

Le déclencheur à valve hydrostatique (système Hammar) est un cas particulier : il s’active sous la pression de l’eau, dans 10 cm d’eau environ. Mais le principe hydrostatique est moins pratique qu’il n’y paraît : s’il évite le déclenchement intempestif dû à l’humidité qui désagrège la pastille de cellulose ou de sel – dans la pratique, le déclencheur à valve hydrostatique est beaucoup plus difficile à réamorcer.

Le système Hammar possède lui aussi un voyant (vert si tout est OK, rouge si le mécanisme est à changer) et une date de péremption du mécanisme (date à ne pas dépasser). C’est la première chose à vérifier. S’il faut changer la cartouche il va falloir déboîter le mécanisme grâce à la clé incluse dans le kit de réparation.

Faire pivoter la têteDégager la tête

A l’aide de la clé, on fait pivoter la partie noire sous la tête dans le sens inverse des aiguilles d’une montre sur environ un huitième de tour. La partie jaune reste en place. Une fois tournée, la tête complète (jaune et noire) se dégage sans effort.

On peut alors sortir la cartouche qui est enfoncée dans la vessie.  Il faut la sortir en prenant particulièrement soin au joint d’étanchéité. Sans lui, la vessie ne sera plus étanche, le gilet de sauvetage ne restera plus gonflé… Une fois extraite, on peut dévisser la cartouche pour la remplacer si besoin (après l’avoir pesée pour vérifier cf supra). Avant de revisser la cartouche, assurez-vous que le voyant est bien vert. Introduisez la cartouche en prenant soin du joint.

Dévisser la cartouche

Vérifier le voyant

Remettre la cartouche

 

 

 

Pour être remis en place, le mécanisme doit être en position « ouvert ». La partie jaune n’est pas alignée avec la noire. La fermeture se fait sans outil.

Remonter le mécanisme

A la fin du remontage, la bouteille et le mécanisme du système sont alignés.

Après avoir vérifié le système de percussion,  la seconde étape est de vérifier le gilet et ses équipements. Pour le coup, c’est très semblable d’un gilet à l’autre.

  1. Ouvrez le gilet entièrement pour contrôler la vessie gonflable. Vérifiez que l’embout bucal de la pipette est souple et la valve bien propre. Gonflez la vessie à l’aide de l’embout, tranquillement (à la bouche, ou mieux avec un gonfleur à pied, pour éviter d’introduire de l’humidité dans la vessie). Laissez le gilet au repos, ainsi gonflé, pendant 24 heures. Le but est de voir si la vessie a dégonflé et donc si elle est percée. Si c’est le cas, vous pouvez la changer en tant que pièce détachée, ça vous coûtera moins cher que de changer tout le gilet !
  2. Pendant que vous y êtes, testez le dispositif lumineux individuel intégré et vérifiez sa date limite d’utilisation. Dans le même temps contrôlez le sifflet de signalisation.
  3. Pour dégonfler la vessie si elle est ok, appuyez sur la valve de l’embout bucal. Pour cela retournez le bouchon qui ferme l’embout, il dispose d’un embout pour appuyer sur la valve. Quand la vessie est bien dégonflée, pensez à refermer l’embout avec le bouchon.
  4. Vérifiez aussi l’usure des sangles et du système d’attache, ainsi que les coutures. Si vous avez des sous-cutales – qui je vous le rappelle sont cruciales en cas de repêchage, pour empêcher votre corps de glisser hors du gilet – contrôlez visuellement leur état d’usure et changez-les si besoin. Des coutures en mauvais état sur les sangles peuvent être recousues par un voilier.
  5. Notez sur l’étiquette de maintenance officielle, qui se situe au dos de la vessie, à la fois votre nom (nom du contrôleur) et la date de la révision. C’est très important, pour vous, mais aussi en cas de contrôle (voir plus bas).
  6. Repliez le gilet, non sans avoir revissé la cartouche de gaz sur le percuteur, et en suivant méthodiquement l’ordre de pliage indiqué sur la vessie. Pensez à bien dégager la manette de déclenchement manuel.

A noter : la longe et les lignes de vie qui vont de paire avec les gilets méritent aussi un contrôle annuel. Sachez qu’elles doivent être renouvelées car elles sont détériorées par le soleil et la lune. Elles doivent donc être changées par principe, même si elles semblent en bon état : pour les lignes de vie maxi tous les 3 ans et pour les longes tous les 3 à 5 ans selon votre usage (voir les instructions du fabricant).

  • Faites des économies… mais pas trop !

Confiée à un shipchandler, cette révision coûte pas moins de 20 euros par unité. Qu’il est bon de faire des économies en faisant les révisions intermédiaires soi-même ! Par contre, il est prudent de recourir à une révision professionnelle tous les 2-3 ans. De même, pensez toujours à avoir pour chaque gilet un kit de rechange, qui permettra de réarmer le gilet en mer pour continuer à vous en servir même s’il a été percuté. Une vague entrée par inadvertance (eh oui, ça peut arriver), qui s’écoule dans les coffres, peut déclencher un gilet stocké au fond, sans qu’on s’en aperçoive. Le jour où l’on en a besoin, on est bien content d’avoir un kit de rechange !

Sachez enfin que si vous êtes contrôlés et que vos gilets ne sont pas à jour de leur révision (du moins que l’étiquette en attestant n’est pas actualisée) vous risquez une amende de plus de 100 euros par gilet !

N’hésitez pas à commenter !

PS : Sur le choix des gilets, je ne peux pas faire de comparatif (question de moyens !) mais les CERTEC de type Rafale sont très sécurisants et légers. Ce ne sont pas les modèles les moins chers, c’est sûr, mais c’est du sérieux.

Crédits photos et vidéo : CERTEC

2 COMMENTS

  1. Bonjour,
    votre site est très intéressant et je me permet une petite rectification.
    la tête UML n’est pas un système hydrostatique, il y a à l’intérieur un élément de cellulose qui se délite au contact de l’eau.
    Hammar est le seul fabricant pour les déclencheurs hydrostatiques qui réagissent à la pression de l’eau.

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