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Salvador de Bahia : la joviale afro-brésilienne

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Salvador est une ville atypique, berceau de la civilisation brésilienne et bordée par la Baie de tous les Saints. Ceci explique peut-être cela. D’une richesse insolente dans sa partie historique, elle est parfois très pauvre dans ses bas quartiers. Par miracle, son art de vivre indolent et festif, mais aussi la beauté de ses monuments et de la nature alentour semblent sceller l’unité bahianaise… Avenante et joyeuse, on y prend vite goût !

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  • La « Rome noire » est un creuset de diversité :

A Salvador de Bahia, la majorité de la population descend des anciens esclaves africains, venus travailler dans les champs de canne à sucre pour faire la fortune des colons portugais. Le mélange afro-brésilien impacte la culture locale, la nourriture (épicée) et les croyances (vaudou). Cela explique aussi sans doute la place prépondérante de la musique dans la vie quotidienne et la réputation du carnaval de Bahia, on ne peut plus coloré. D’ailleurs, dans la rivalité ancestrale qui oppose Salvador à Rio, la première est réputée laxiste et festive, la seconde snob et paresseuse (on dit que le Christ Rédempteur de Rio a les bras écartés en attendant que les cariocas travaillent pour applaudir ;-).

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Par ailleurs, Bahia est une ville divisée entre une partie haute, incluant notamment le centre historique – fief des seigneurs du sucre – et la ville basse (« cidade baixa ») où se trouvent à la fois la première cathédrale édifiée au Brésil (la cathédrale de Bomfim, à voir !), la zone portuaire (commerce, marine nationale et pêche), les administrations, les plages, les forts et les phares, les marchés (dont le fameux marché Sao Joaquim) etc.

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Les deux villes sont reliées depuis 1873 par un ascenseur qu’on voit sur la plupart des cartes postales : l’elevador Lacerda. Tout autour de ce cœur de ville divisé, des quartiers, certains résidentiels et certains très pauvres, se sont greffés anarchiquement, si bien que l’on passe de l’un à l’autre sans le vouloir… Comme si les temps modernes avaient réussi à imposer la mixité sociale :-))

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  • Le Pelourinho : historique, pléthorique, esthétique :

Certains touristes côtoient les quartiers résidentiels du bord de mer, bien agréables – autour du phare de Barra notamment. La plupart optent cependant pour la ville haute, car toutes les instances touristiques les encouragent à visiter le Pelourinho, qui concentre beaucoup d’intérêts historiques et architecturaux, ainsi que les hébergements et la restauration.

Pour s’y rendre depuis la gare routière ou l’aéroport il faut prendre un taxi, ou un bus qui dessert la Praça da Sé (« la place de la Sé »). A cet arrêt il faut prendre la rua Chile vers la droite pour entrer dans le centre historique et enchaîner les esplanades :

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  • la Praça Thomas de Souza, bordée par le Palacio Rio Branco, bel exemple d’architecture Renaissance, est aussi le point d’accès à l’ascenceur Laverda. Elle offre à ce titre un panorama superbe sur le marché (« Mercado modelo» essentiellement artisanal), le port, la Baie de tous les Saints… Un spectacle que l’on peut apprécier à toute heure et plus encore au coucher du soleil, en mangeant des glaces.
  • par la rue de la Miséricorde on arrive à l’église éponyme et au musée d’art sacré, qui vaut le détour compte tenu des influences africaines locales.
  • puis on accède en faisant quelques mètres à la Praça da Sé, qui a son propre belvédère et qui présente de jolies maisons polychromes, ainsi qu’un bassin avec des jets d’eau (dont il est bon de profiter, avec une maladresse feinte, aux heures chaudes !). Des vendeurs de souvenirs et de galettes de tapioca, ainsi que quelques magasins de musique, assurent une animation permanente…

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  • en continuant tout droit on arrive au superbe Terreiro de Jesus, immense esplanade ornée de palmiers, d’une belle fontaine (de style français ?), et cernée par pas moins de trois églises et un couvent :

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  • la Basilique de la Sé, mélange très exubérant de baroque et roccoco, est l’église phare de la ville. Jamais restaurée depuis plus de 300 ans, elle subit un lifting en 2016.
  • les églises de Sao Pedro et Sao Domingo, moins illustres

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  • et dans le renfoncement en face de la Sé, le couvent de Sao Francisco et son église, qui méritent vraiment une visite, si possible commentée pour comprendre les tenants et aboutissants de la richesse étalée dans les ors de l’église, réputée la plus riche du Brésil. Les azulejos portugais qui ornent le couvent retracent la légende de Saint-François d’Assise et son renoncement aux biens matériels… On pourrait y voir un paradoxe !

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Après cet enchaînement de places, diverses ruelles bordées de boutiques artisanales et de restaurants descendent vers le Largo do Pelourinho (place du Pilori). Sur cette grande place, poumon du quartier, tous les mardis à partir de 19h30, des musiciens viennent jouer de la musique et déambuler dans les rues, drainant une foule compacte et enjouée (une sorte de Sérénata comme à Olinda, souvenez-vous, c’est ici).

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La place abrite aussi la Fondation de l’écrivain Jorge Amado, le Musée de la ville et l’église Nostra Senhora de Rosario dos Pretos, jadis réservée aux esclaves (de fait, tous les saints y sont noirs). Le mardi soir avant le concert improvisé dans les rues voisines, les paroissiens viennent y assister à une messe célébrant le syncrétisme, et de fait vraiment très conviviale : le prêtre bénit tout le monde à la cantonade, on s’embrasse, on chante, on rit, les touristes sont bienvenus, c’est très sympa !

  • Du Carmo à la place Santo Antonio, un quartier très accueillant !

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Si vous avez le temps, remontez la rua do Carmo (belles galeries d’artistes naïfs) vers le couvent, l’église et le musée do Carmo. Pendant notre séjour l’église était fermée (dommage, car elle recèle un Christ dont le sang qui perle est constitué de 2000 rubis !!!) et nous avons zappé le musée. Par contre le couvent, transformé en hôtel chic, est superbe. Il est aussi accessible par son restaurant… et ça vaut le coup d’y aller (je vous raconte ça quelques lignes plus bas).

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Vous entrez ensuite dans le quartier Santo Antonio, où les pousadas et les cafés/restaurants s’enchaînent. Tous les commerces situés sur la gauche de la rue disposent de terrasses avec une vue souvent magique sur la Baie de tous les Saints ! La rue est longue et aboutit à l’esplanade Santo Antonio, avec un petit jardin, une belle église et un point de vue sur la baie et les infrastructures portuaires. C’est un peu le bout de la vieille ville, d’ailleurs marqué par la présence d’une petite citadelle fortifiée. On peut repartir dans l’autre sens par des rues adjacentes à la rua Santo Antonio…

N’hésitez pas à traîner le soir dans ce quartier, à l’heure du goûter ou du dîner. Alors que partout ailleurs les tarifs flambent pour des prestations moyennes (y compris dans les gargotes installées sur le terre-plein du Terreiro de Jesus), nous avons craqué pour deux endroits fort sympathiques :

  • le Cafetelier, avec son intérieur traditionnel et sa petite terrasse cosy, est un excellent salon de thé et propose aussi le soir des petits plats simples à déguster à la bougie en admirant la vue. Le tout est d’y trouver une place !
  • ayant testé pas mal de restaurants banals et chers, nous errions indécis dans le quartier quand nous avons décidé de jeter un œil au couvent do Carmo, sous prétexte de regarder la carte du restaurant. Surprise, à côté de plats certes un peu coûteux, on trouvait des hamburgers et des salades tout à fait abordables. Nous avons donc dîné dans le cloître, sur des fauteuils en velours et sous des lampes à bougies, au chant des cigales, dans un cadre superbe, pour environ 20 euros par personne… Un super moment.

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Coté hébergement, la concurrence est forte entre hôtels et pousadas donc le niveau de prestations est généralement bon, même si le standing augmente avec le prix. Pour notre part nous étions à la Pousada do Boqueiro, rua direita do Santo Antonio, dans une chambre simple mais fonctionnelle, et avons apprécié un petit déjeuner gargantuesque et la vue depuis la terrasse, pour environ 40 euros la nuit…

En bref, si vous voyagez au Brésil, ne manquez pas Salvador qui incarne bien l’image que l’on a du Brésil en France ! Enfin, donnez votre avis, nous n’avons eu qu’un aperçu de la ville, en 4 jours…

Crédits photos : fboy

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